Forum - Le Monde du Slash

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Cybelia.


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 Sujet du message: [Finie] Le drame de Bruxelles (Rimbaud/Verlaine, PG-13)
MessagePosté: 16 Fév 2013 17:06 
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Slash ou non, telle est la question...
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Inscription: 16 Juin 2006 14:44
Messages: 798
Localisation: Pas tout à fait encore au Paradis...
Ils ne sont pas à moi, mais comme ils sont morts depuis belle lurette, je ne pense pas risquer grand-chose. Ce texte a été écrit avec une immense admiration pour ces deux grands hommes de lettres et de... slash.
Encore une fois, merci de me lire.

°0°0°

Le drame de Bruxelles



Je suis saoul. Je l’avoue, j’ai trop bu.
Je suis comme un bateau ivre, qui tangue au gré des flots, dépendant des caprices du vent pour se mouvoir dans une direction ou dans une autre.

Pourquoi, ô pourquoi a-t-il fallu que tu me rejoignes dans cette chambre à Bruxelles ? N’étais-tu pas bien à Londres ? Ne t’a-t-il pas suffi de m’arracher le cœur et de le livrer en pâture à tes envies ? Pourquoi me poursuis-tu ainsi ? D’ailleurs, es-tu réellement là, ou n’es-tu que le caprice de mon imagination enfiévrée ?

J’ai enfin pris ma décision. Je t’ai quitté pour rejoindre ma femme. Pour recommencer auprès d’elle, enfin, une vie normale. Pour en finir une fois pour toute avec cette aberration que nous vivons depuis plus d’un an, et que condamne la société.

Et pourtant… Je t’aime, comme je t’aime !

Alors je bois, pour oublier que je suis lâche, pour oublier que je suis faible, que deux ans de bonheur auprès d’elle ne vaudront jamais ne serait-ce que cinq malheureuses minutes d’enfer et d’extase entre tes bras.

Es-tu vraiment ici, avec moi, dans cette chambre sordide ? Dis-moi, Arthur, est-ce toi ?

J’ai tout quitté, tout renié, renoncé à ce qui fait ma vie, à ma femme chérie, pour être à tes côtés. Je suis pathétique. Incapable de faire un choix entre vous deux, je me détruis à petit feu.

Un jour, je le sais, l’alcool aura raison de moi.
Ou peut-être est-ce toi qui auras ma peau ?
Toi, mon amour terrible et silencieux…

Dis-moi, te rappelles-tu encore de notre correspondance ? De notre première rencontre ? Comme tu étais passionné, et combien cette époque était-elle bénie !

Tes cheveux blonds dansant au gré du vent autour de ton visage… et tes yeux bleus. Oh, tes yeux ! Ils me brûlent encore jusqu’à l’âme, lorsque j’y pense.

Je m’étais enfin cru raisonnable. Je me voyais comme un homme sensible, posé, ayant par le mariage réussi à me détacher complètement des passions violentes inhérentes à ma nature. Comme je me leurrais, Arthur ! Et Ô combien dure a été ma chute lorsque je l’ai compris !

Te souviens-tu encore de notre première nuit ?
Tu frissonnais, et moi qui n’avais jamais connu d’homme avant toi, je me suis retrouvé à te serrer contre moi, à te cajoler, à te rassurer.
Dis-moi, avais-tu donc tout planifié ? Avais-tu patiemment, amoureusement, tissé une toile invisible dans laquelle tu m’as ensuite pris au piège ?

Je me rappelle de ton corps frémissant contre le mien, de ton épiderme soyeux, si viril et si doux à la fois. Je me souviens encore de tes bras m’enserrant comme des lianes, de nos deux êtres trouvant l’achèvement, le plaisir suprême l’un par l’autre.

Je me souviens de tes promesses, de ces doux mensonges chuchotés à l’oreille. Nous étions si heureux, alors… Malgré la jalousie de ma femme, et tes provocations répétées à son encontre.

Je suis ivre.
Ivre d’absinthe et de douleur.

Le merveilleux poison qu’est le premier ne servant qu’à faussement anesthésier les sens et à oublier pour un moment la seconde.
La douleur… une vieille compagne.
Es-tu vraiment là, mon aimé, ou n’es-tu qu’un mirage provoqué par les ferments de mon éthylisme avancé ?

Arthur, je veux encore une fois sentir tes bras autour de moi. Je veux plonger dans ton corps accueillant, et mourir de jouissance entre tes bras.
Mon amour… Je ne peux pas vivre sans toi.
Je n’avais jamais levé les yeux sur un autre homme avant toi, le sais-tu ?
Toi, le poète provocant, exhibant fièrement aux yeux du monde la splendeur innocente de tes jeunes années.

Tout concourut à me faire perdre la tête : la sensualité de ta démarche, la beauté de ton visage d’ange, la grâce nonchalante de ton corps d’éphèbe…
Tu aurais damné un Saint, Arthur. Ce que je n’étais pas…

Maintenant ta voix, tes mains, ta bouche, tout ton être claironne dans mon âme, et tes yeux flamboient dans mon cœur. Le monde dit que c’est infâme, un scandale, et nous vilipende, mais qu’en ai-je à faire, tant que je t’ai toi, mon vainqueur ?

Ne me quitte pas, Arthur, ne me quitte pas !
Je sais que nous nous sommes fait du mal, chacun connaissant l’art de poignarder l’autre en l’endroit le plus douloureux, mais tout peut encore changer.
Tout peut recommencer.

Je suis un fou chez Lucifer, et c’est toi, mon « époux infernal », qui m’y a conduit. Mais je t’absous si tu continues de m’aimer.

Mais quoi ?! Tu veux m’abandonner ?! Tu te redresses, et tu me dis que tu en as assez. Assez de nous, de tout, de mes élucubrations d’ivrogne et de notre histoire qui n’en finit plus d’agoniser… !

Prends garde, Arthur, mieux vaut m’avoir comme allié que comme ennemi !
Si je ne peux t’avoir, aucun autre ne t’aura ! Personne, jamais plus, ne connaitra la douceur de tes étreintes, ni leur sauvage passion.
Cette chambre, ici-même, deviendra notre mausolée.

Es-tu réellement décidé à mettre fin à nos années de bonheur ? Réfléchis, bien-aimé !

Ma main cherche dans le tiroir de la commode, et se referme sur l’acier froid, me faisant frissonner.
Toi, tu me tournes le dos pour t’en aller. Quelle erreur, Arthur, la plus grossière !
Je crie ton nom, tu te retournes.
Dans tes yeux, une lueur d’étonnement.
Et puis ce silencieux défi, ce regard méprisant.
Tu crois que jamais je n’oserai. Vraiment ? Me connais-tu si mal, même après tout ce temps ? Un homme amoureux est capable des pires extrémités, toi mieux que quiconque devrait le savoir.

Si tu pouvais imaginer combien tu me sous-estimes, mon adoré !
Mon amour, ma haine…ma joie et mon tourment. Il faut en finir maintenant.

La détonation claque comme un coup de fouet. Tes yeux s’écarquillent, de stupeur ou d’effroi – que ne le sais-je ? – et mes doigts se resserrent machinalement sur le barillet.
Tu abaisses les yeux sur ta main, et je vois le sang, rouge, sombre, qui commence à couler.
T’ai-je seulement blessé, ou t’ai-je assassiné ?
Dieu tout-puissant !

Tu recules, alarmé, et la porte de notre chambre s’ouvre sous la poussée des clients de l’auberge, venus au renseignement, clairement alarmés.
Ensuite, tout n’est que cris, fureur, et confusion. Et moi, je suis prisonnier de mon propre esprit, incarcéré dans un corps dont je n’ai plus que faire.
Je t’ai perdu, Arthur, je le sais désormais.

Que m’importe ce que l’on me fait ? Qu’on me jette en prison, qu’on me montre du doigt, que l’on se moque ou que l’on ait pitié ! Jamais tu n’oublieras, et jamais je ne me pardonnerai.

Mathilde, notre enfant, toi… Le divin m’a châtié. Tout m’a été enlevé.

***

J’ai pressé la détente, Arthur… J’ai tiré.

Pourtant, c’est moi qui meurs… et c’est toi qui m’as tué.

FIN

°0°0°


Ce tout petit texte dormait dans mes tiroirs, ou plutôt, dans ma vieille clé USB, et il m’est soudain venu l’envie de le poster. Votre avis, qu’il soit bon ou mauvais, sera toujours grandement apprécié, amies de ce forum…^^

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 Sujet du message: Re: Le drame de Bruxelles (Rimbaud/Verlaine, PG-13)
MessagePosté: 17 Fév 2013 15:59 
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Slash ou non, telle est la question...
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Inscription: 15 Aoû 2010 11:03
Messages: 562
Localisation: Bordeaux
Mais c'est un très beau texte tout à fait crédible quand on connait la vie de ces amants maudits et la déchéance du pauvre Verlaine.
En tout cas, moi, j'ai bien aimé. Bravo !

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* On peut résister à tout, sauf à la tentation. Oscar Wilde *


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 Sujet du message: Re: Le drame de Bruxelles (Rimbaud/Verlaine, PG-13)
MessagePosté: 11 Juin 2017 10:01 
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Le slash, kesako ?
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Inscription: 03 Juin 2017 12:10
Messages: 29
Premier texte que j'ai lu en arrivant sur ce forum, tombée dessus par hasard en flânant et très belle découverte ! Superbement bien écrit, la complexité des sentiments et leur intensité sont parfaitement rendus ... On y croit, on voit la scène se dérouler sous nos yeux et l’irréparable se produire, bravo !


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