Forum - Le Monde du Slash

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 Sujet du message: Darko & Miller
MessagePosté: 08 Juil 2009 19:00 
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Bon, j'ai des quantités de fics sur CSI NY, une sur X-Men...et là j'ai commencé un originale, donc je vais vous la poster ici. J'ai vu que Valbone était sur le forum, donc désolée ma grande pas de nouveauté pour toi...

Donc:
Genre : Originale (humour/romance)...Si toutefois je peux prétendre avoir de l'humour...
Pairing : Aaron et David (ils sont à moi ceux-là )
Rating: je l'ignore encore
NdA : Aaron et David ont 24 et 28 respectivement et font partie de la jet-set new-yorkaise...On en apprendra plus ensuite...
J'espère que cela vous plaira.

Je commence avec une petite illustration, qui m'a demandé pas mal de temps de galère étant donné que je maitrise très peu photofiltre. Les acteurs sont Aaron Stanford (Hills have eyes, X-Men) et James Franco (Spiderman, Harvey Milk)

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 Sujet du message: Re: Darko & Miller
MessagePosté: 08 Juil 2009 19:02 
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1. HAUTES SPHERES

Le soleil tape fort, cet après-midi. On est en plein mois de juillet, la canicule s’est abattue sur Manhattan comme la peste sur Londres il y a quelques temps de cela déjà. Les gens se barricadent chez eux, volets fermés, clim à fond s’ils ont la chance d’en avoir. Encore que dans ce quartier chic de New York, où les gros poissons crèchent dans des apparts qui vous font douter du problème de l’espace dans les grandes villes, il y a peu de chances pour que l’un d’entre eux souffre une insolation.

La voiture freine doucement et s’arrête devant un immense hôtel particulier. Ian, notre chauffeur, s’empresse de venir ouvrir la porte à ma mère. Moi je ne me risque pas à l’attendre, c’est déjà bien assez embarrassant de prendre la limousine pour à peine vingt minutes de course. Je descends illico de mon côté avant qu’il ne puisse avoir le temps de me rejoindre. Je sais ouvrir et fermer une portière tout seul. Merci bien.

Le quartier est calme. Personne sur les balcons. Les riches ne bronzent pas à la vue de tout le monde, c’est bien connu. Ils le font dans des instituts spécialisés, à 300 dollars la session de 30 minutes. Et ils en ressortent aussi dorés que s’ils venaient de passer une semaine aux Seychelles. Bronzer chez soi, c’est se risquer à faire la une des magazines people…A croire que les paparazzis se planquent en haut des tours, tel des franc-tireurs, prêts à canarder les gens avec leur objectif. Ce qui est fort possible, d’ailleurs…La jet-set n’aime pas ça, ou plutôt c’est ce qu’elle tente de faire croire. Car si les gens ne supportaient vraiment pas l’idée de leur vie privée étalée au grand jour, il leur serait très facile de se cacher.

Révélation N°1 : Le riche aime l’hypocrisie.

Mais il ne va jamais l’avouer. S’il se rend aux galas charitables, cela part exclusivement et uniquement d’un bon sentiment…Sauver les bébés cigognes et construire un pont en plein milieu de la Somalie lui tient à cœur, il est généreux par nature. Ma mère fait partie de ces gens-là. Le fait qu’elle exhibe une robe de soirée à 4000 dollars est totalement secondaire. Simplement quand on peut combiner l’utile (sauver le monde) et l’agréable (porter le nouveau Gucci trois saisons en avance), pourquoi se priver ?

Révélation N°2 : Le riche est donc généreux, avec lui-même et avec les autres.

C’est donc dans cet esprit de bonté que ma mère, jet-setteuse depuis le berceau, me traine chez l’une de ses amies pour l’après-midi. Soi-disant que je ne sors pas assez. Elle s’inquiète pour ma vie sociale, elle aimerait que j’étoffe mon cercle de connaissances. Je suis un peu la brebis galeuse de la famille, asocial dans l’âme. Il est vrai que j’évite comme la peste les réceptions, les ventes particulières, les vernissages et autres soirées mondaines…Je ne peux pas toujours y échapper malheureusement.

Vous allez trouver que j’exagère mais c’est comme une lente agonie. Parler avec des gens dénués d’intérêt tout en mangeant des petits fours, c’est au dessus de mes forces. J’en ressors vide de toute force, le cerveau en mode off et l’impression d’avoir perdu une partie importante de ma vie…Qui sait le nombre de gens intéressants que j’aurais pu connaître si j’étais sorti autre part ? Qui sait qui j’aurais pu rencontrer, qui aurait fait basculer ma vie pour de vrai?

Les gens de notre monde, ou plutôt celui dans lequel je baigne depuis ma plus tendre enfance malgré moi, sont tellement superficiels…Et plus ils sont riches, plus ils aiment le montrer.

Pour la petite histoire, je suis la troisième génération d’un empire de restauration très chic crée il y a 50 de cela par feu mon grand-père, Edward Darko un espagnol naturalisé américain (son vrai nom était Eduardo de la Cruz mais il n'aurait jamais accepté de se présenter comme ça sur la terre des opportunités). Mon père, fils unique, est donc l’unique héritier de toute sa fortune. Mon mère est la fille d’un ex-ministre très connu. Mariage d’amour ou union arrangée, la vérité reste floue mais autant dire que mes parents n’ont jamais connu le manque ou la misère. Moi non plus d’ailleurs.

Mon grand-père est parti de rien et ils nous a légué tout. Quand mon père, assez doué en affaires je dois dire, a hérité de l’entreprise familiale, il a réussi avec succès à étendre l’affaire à l’hôtellerie du fast food. Depuis plus de vingt ans maintenant, la famille Darko s’enrichit autant sur le dos des pauvres que sur celui des riches. Il ne faut rien négliger.

Par contre, si on questionne mes parents, l’empire Darko n’a jamais existé qu’aux Etats-Unis. On oublie que nos ancêtres se cassaient le dos à cultiver de modestes terres dans le nord de l’Espagne. On oublie tout, cela n’a jamais existé. Alors on dépense sans compter, parce que l’on a toujours nagé dans l’abondance.

Révélation N°3 : Le riche oublie ses origines. Pour de bon.

La meilleure amie du moment de ma mère les a oubliées elle aussi apparemment. Elle est la petite fille d’un armateur de je ne sais quel pays, d’après ce que j’ai entendu. Peut-être bien est-elle descendante directe d’une de ces sombres mafias européennes…Entre tous les ragots qui courent, il est souvent bien difficile de démêler le faux du vrai. Elizabeth Miller donc, puisque c’est son nom, ne cherche pas à étaler ses origines compromettantes au grand jour. Par contre, s’il y a bien quelque chose qu’elle étale, c’est son compte en banque. Elle vit dans un immense appartement au dernier étage du très luxueux immeuble où nous venons d’entrer.

Le hall de cet hôtel est digne de celui d’une gare. Le mobilier et la décoration sont chic et hors de prix. Partout d’énormes bouquets de fleurs variées, exotiques ou classiques, embaument l’air. Des tableaux de maître sont accrochés au mur.

Ca en jette, c’est fait exprès.



Quelques instants plus tard, nous voilà dans le non moins luxueux ascenseur, direction le vingt-cinquième étage. Les parois sont de verre et offrent une vue imprenable sur New-York. Je reste scotchée devant le spectacle, les yeux grands ouverts, comme quand j’étais môme. Je trouve ça toujours impressionnant.

Ma mère, quant à elle, y a tout juste jeté un regard blasé. Elle parle. A moi, je pense. Ou alors à elle-même, ça lui arrive quelques fois. Mais je n’écoute pas ce qu’elle dit. Je n’écoute jamais.

« Aaron, chéri. Tu m’écoutes ? »
Zut. Cette fois-ci, elle s’adresse bien à moi.

« Non Maman, excuse-moi. Tu disais ? »
« Aaron ! » s’exclame ma mère. « Ce que tu peux être enfantin parfois ! Tu regardes New York comme si tu ne l’avais jamais vu pendant toute ta vie.»

Parfois ma mère peut être tellement terre à terre. L’instant d’après elle va parler d’un de ses sujets favoris, mode ou potins, comme si c’était la chose la plus importante du monde.
C’en est exaspérant.

« Maman. Qu’est-ce que tu disais ?»
« Aaah ! » s’exclame-t-elle. (Je déteste quand elle fait ça, avec cette voix haut perchée absolument pas naturelle qu’elle se force à prendre), « Je disais que le fils d’Elisabeth est là. David, il s’appelle. Tu vas pouvoir faire sa connaissance. Je pense qu’il n’est pas beaucoup plus âgé que toi. Ca sera bien pour toi de le fréquenter. Les Miller sont une excellente famille et ça ne peut que t’aider à… »

Déjà je ne l’écoute plus. Maman est repartie dans son délire favori des derniers mois. Elle adore me présenter de nouveaux amis potentiels. Ils sont tous fils de banquiers, hommes d’affaire, politiques. Ils ont tous faits ou font de brillantes carrières d’avocat ou d’autre chose dans les universités les plus prestigieuses, et cela dans un seul et unique but, prendre la suite de leur géniteur. Ils sont tous destinés à diriger un empire. Comme moi.

Mais leur compagnie ne m’a jamais plu. Leurs sujets de conversation sont orientées affaires. A peine une vingtaine d’années pour la plupart et déjà ce sont de jeunes loups aux dents aiguisées qui parlent déjà chiffre d’affaire, capital, actions, etc. Ils sont voraces, des requins prêts à s’entretuer. Ils jouent au golf, au polo, ils évitent de partir en vacances dans des îles où leurs portables ne captent pas. Leurs relations amoureuses sont éphémères et fréquente, ce sont seulement des distractions.

Ah oui, en parlant de relations, j’oubliais de préciser une chose importante. Ma mère tient absolument à me marier avant mes trente ans. Avec une fille de bonne famille, cela va sans dire. Ou une actrice. Ce qu’elle rêve en fait, c’est de faire le mariage du siècle et de porter la robe du siècle avec la coiffure du siècle. Mon père ne se mêle pas de ces histoires mais à mon grand dam, il lui laisse carte blanche pour régenter ma vie. Tant que je prends sa succession, le reste lui est égal.

Révélation N°4 : Les riches ne se marient qu’entre eux.

Et ils sont bien souvent de convenance. On épouse pas une personne mais une famille, un nom, une fortune. Après, on est libre de prendre des amantes. Etre riche ne suffit pas, il faut l’être encore plus. Ma mère veut que je me marie avec qui elle veut, quand elle veut.

Révélation N°5 (celle-là est personnelle) : Je ne tiens pas à laisser mes parents de mon futur.

Moi j’ai d’autres ambitions. J’aimerais voyager et pas seulement en croisière. J’aime l’art mais pas la mode. J’adore aller au théâtre mais pas aux grandes premières. J’aime les musées mais pas les vernissages.

Mais ça, ma mère s’en fout…

Enfin l’ascenseur arrive à la fin de sa course, ma mère stoppe son monologue. La porte d’entrée de l’appartement est ouverte, notre arrivée a été annoncée. Un homme entre deux âges au visage austère, flanqué comme un pingouin, se tient devant nous et nous donne la bienvenue d’une voix grave, accompagnée d’une longue révérence. Il nous conduit directement dans un grand salon, dont le seul prix des meubles pourrait nourrir un village entier du Tiers Monde pendant une décennie.

La maitresse des lieux se tient debout au centre de tant de richesse, droite comme un I. Elle porte une robe digne d’un cocktail. Autre chose que Liz n’étale pas, c’est le beurre sur ses tartines…Elle est maigre comme un clou et ultra bronzée, bien évidemment.

« Eriiiika ! »
(En réalité ma mère s’appelle Elena, en souvenir d’une arrière arrière grand-mère mais elle ne supporte pas qu’on la nomme comme ça).

« Liiiizzz !! Quel bonheur d’être chez toi enfin !»
Ma mère se précipite vers elle, comme si elle ne l’avait pas vu depuis des siècles. Elles s’envoient toutes les deux des baisers volants, sans même se frôler la joue.
C’est ridicule.

Révélation N°6 : Tout, absolument TOUT est faux. En tout cas, pour ce qui est des sentiments.

« Ah, Erika, je suis heureuse de te voir ! Et toi tu dois être Aaron ! » ajoute-t-elle en se tournant vers moi. « J’ai beaucoup entendu parler de toi. Bon sang, tu es le portrait caché de ton père. »
Malgré mon envie de détaler au plus vite, je n’oublie pas les bonnes manières.
« Bonjour, Madame Miller. »
« Appelle donc moi Liz ! » fait-elle avec désinvolture.

Evidemment, Liz, comme Erika fait plus jeune…Plus in. Dans la jet-set, si tu n’es pas « in », tu es largué…

Liz me dévisage, puis m’examine de haut en bas, comme si elle jugeait un objet et m’envoie son plus beau sourire. Un sourire colgate entièrement fait sur mesure.
« Liiiz ! » intervient ma mère, qui n’aime pas se sentir hors de la conversation, à moins qu’elle ne supporte pas le regard de son amie sur son fils. « Ta robe est magnifique. »
« Oh, tu sais, ce n’est que qu’une simple robe d’été. » répond l’intéressée avec un petit geste de la main.
A mon avis, la « simple » robe d’été coûte pas moins de 2000 dollars, mais peut-être que je me trompe…

« Et David ? » demande ma mère.
Oh non. Je n’ai pas plus envie de voir ce David que de parler chiffons.
« Il arrive….Ah le voilà ! »

Un bruit de pas se fait entendre et nous tournons tous la tête vers le fond du salon. Dans l’embrasure, un jeune homme apparaît. Il est grand, il est brun.
Et il est beau.

Et là, je ne sais pas si c’est le mois de juillet ou si la climatisation est subitement tombée en panne…Mais il fait soudain bien chaud dans la pièce.

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 Sujet du message: Re: Darko & Miller
MessagePosté: 08 Juil 2009 19:42 
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:suite: :suite: :suite:

Je trouve que tu analyses vraiment bien le monde de la jet-set. Tous ces gens qui étalent leur argent en se prenant pour ce qu'ils ne sont pas. Et j'aime bien le fait que le fils ne soit pas comme ses parents, qu'il veuille une vie plus simple, qui lui convienne à lui et non à ses parents.

Vivement la suite, je veux savoir ce qu'il va se passer entre Aaron et David :D :D

:bye:


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 Sujet du message: Re: Darko & Miller
MessagePosté: 09 Juil 2009 18:50 
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Moi j'aime bien !
J'ai hate de voir la suite ! :D

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 Sujet du message: Re: Darko & Miller
MessagePosté: 09 Juil 2009 21:31 
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Merci beaucoup pour vos coms! Ca me fait très plaisir. Et puis bah, comme j'ai quelques chapitres d'avance, je poste le 2, tiens.

2. DAVID

Comme sa mère, David Miller est habillé de pied en cap chez les plus grands couturiers. Le jean Lewis lui sied admirablement bien, je l’avoue. Ni trop serré, ni trop lâche. Une simple chemise blanche Dior entrouverte dévoile à peine un torse légèrement velu. Des mocassins complètent l’ensemble…des Vuitton, je dirais.
Simple mais cher.
Décontracté mais classe.

Il se dirige d’abord vers ma mère, d’une démarche tranquille. Il lui prend la main et y dépose un bref baiser. Ma mère a l’air d’apprécier le geste et lâche ce qui semble à mi-chemin entre un petit rire et un roucoulement. On se croirait dans les hautes sphères aristocratiques, ma parole.
« Enchanté, Madame Darko. »

Sa voix est grave, chaude. Il porte les cheveux courts, un peu ébouriffés dans un savant décoiffé, qui lui donne un air jeune. Je ne pense qu’il soit beaucoup plus âgé que moi.


C’est mon tour maintenant. Il se tourne vers moi et me tend la main. Ses manches retroussées laissent apparaître des avant-bras musclés. Des ongles propres, bien manucurés. La poignée est directe, franche, un peu moite. Curieusement, sa paume est calleuse. Sa peau est rêche, couverte de blessures et de cicatrices.

Etrange…Les fils à papa ont toujours de longs doigts fins et doux. Manipuler des stylos et le portefeuille ne les abîme pas.
Voilà qui est intéressant.

« Bonjour. »
Léger sourire d’un blanc éclatant. Ses lèvres sont fines, le nez et la mâchoire virils. Ses yeux sombres n’ont rien de spécial mais son regard est franc. Il ne cille pas, regarde dans les yeux.
Des fois, je m’attarde vraiment sur les détails…Son visage a vraiment quelque chose de…charmant.

Après les présentations, nous passons aux rituels d’usage des bonnes familles, comme discuter de choses banales autour d’une flopée de petits fours de Potel et Chabot. Le traiteur français apporte une french touch très classe aux services de catering Tentation, bien américain, dont le magasin se situe sur la 34ème. Dernièrement ma mère ne jure plus que par eux elle aussi. Elle adore soi-disant leur raffinement et leur élégance, alors qu’elle ne touche que très rarement à la nourriture lors des soirées. Evidemment, c’est mauvais pour la ligne…

La conversation s’éternise. Ma mère et son amie n’en finissent plus de parler. Les derniers potins du moment, qui s’est marié, qui s’est fait largué, ce qu’on portera cet automne, cet hiver, l’été de 2012…Elles éclatent de rire, cet attitude heureuse qu’elles s’efforcent d’adopter me donne envie de vomir…

Je ne parle pas beaucoup et me force à avaler mon thé brûlant sans trop grimacer. J’ai toujours eu horreur du thé, je ne le bois que pour faire plaisir à ma chère mère, qui tient à me bourrer d’antioxydants, de vitamines, de microéléments…Elle me rabâche que c’est bon pour le système nerveux, que ça protège du cancer, que ça ralentit le vieillissement de la peau, ça favorise le drainage, évite les caries, fluidifie le sang, contrôle l'hypertension et bien d’autres choses encore.

C’est sa diététicienne attitrée qui lui a parlé de tous les bienfaits et l’encourage à sa consommation quotidienne. Depuis, ses paroles sont évangiles pour ma mère qui suit à la lettre ses recommandations pour une vie saine. Ce qu’il faut manger et éviter, ce qu’il faut faire et ne pas faire, etc.

Cette fille-là, Ally je crois, je ne l’ai jamais rencontré mais j’ai parfois des envies de meurtres sur sa personne. Un de ces jours, je vais me pointer dans son spa et lui faire regretter de contribuer à faire de ma vie un enfer. Pour un accro au café comme moi, avaler cette eau chaude équivaut à une sacrée torture.

David, par contre, a l’air d’apprécier le goût ignoble de sa boisson. Il parle de temps en temps, sans avoir l’air de se soucier d’être dans une conversation de femmes. Il rigole de temps à autre, complimente ma mère, échange quelques paroles complices avec la sienne, visiblement à l’aise dans cette discussion.
Alors de deux choses l’une…soit il aime vraiment ça, soit c’est l’hypocrite et le comédien le plus doué que j’ai jamais vu.
Difficile de me prononcer pour l’instant.

« Alors Aaron ! » fait soudain Liz, « Ta mère m’a parlé de toi mais nous ne savons pas encore ce que tu fais. »
Du coin de l’œil, j’aperçois David qui me regarde maintenant. Je ne sais pas pourquoi mais je sens mon estomac se serrer faiblement.

« Il a fait une école de journalisme et il travaille comme journaliste indépendant. » annonce ma mère tout de go avant que j’ai pu dire quoi que ce soit.

En dépit de ses efforts pour paraître fière, je sens bien encore de la rancœur et de la déception dans sa voix. Ce qu’elle dit n’est pas exactement vrai mais elle aime arranger la sauce à son avantage. En réalité, je travaille pour un petit journal local, peu connu et sans grand prestige, et de temps en temps, j’arrive à pondre un article pour un journal plus important.

Mais je suis content de ma situation. Je gagne ma vie comme je l’entends. Cette école de journalisme, c’est l’une des rares batailles que j’ai gagnées sur mes parents, désireux de faire de moi un brillant homme d’affaires. Moi je voulais faire plein de choses, voyager, découvrir, écrire mais ça n’entrait pas dans leurs plans. Alors au bout d’une lutte acharnée, on a fini par trouver un compromis.
Depuis ma mère attend avec impatience le jour où je serai rédacteur en chef (ce qui serait bien plus glamour que journaliste à ses yeux) et mon père attend que j’ouvre enfin les yeux et que ma place est de lui succéder…

« Tu dois voyager beaucoup alors ? »
« Oh oui, » rétorque ma mère, qui décidemment ne compte pas laisser parler« Et pas plus tard que le mois dernier, il a écrit un article pour le New York Times. »

Ca, c’est vrai, par contre. Un petit article sur les énergies nouvelles…Rien de bien nouveau à l’horizon mais ça m’a mis à la bonne du rédacteur en chef qui m’a promis de me recontacter. Et ça permet à ma mère de marquer son petit effet et d’épater la galerie.
« Ooooh !!! Mais c’est sooo intéressant. Sur quoi ? »
J’explique brièvement mon travail à Liz qui hoche la tête avec conviction pendant que je parle. Je doute qu’elle ait tout compris mais peu importe.

Sur l’impulsion de ma mère, c’est maintenant à David de nous dire à quoi il occupe ses journées. Le jeune homme est membre d’un brillant cabinet d’avocats de New York, spécialisé dans le droit commercial. Il s’étale peu sur son travail mais déclare être très heureux et satisfait de son poste et de ses responsabilités. Mais son ton manque singulièrement d’enthousiasme.

La conversation meurt un peu et un silence gêné s’installe. Ni une ni deux, Liz l’a relance aussitôt en nous exposant ses prochaines vacances. Une magnifique croisière dans les eaux méditerranéennes. Et hop, c’est reparti pour un tour…Ca parle maintenant de villes européennes, de la croisette de Nice, du rocher de Monaco, du charme de Venise, de la mode de Milan…
Je n’écoute déjà plus.

Je sens soudain une présence à mes côtés. C’est le pingouin, Harry de son vrai nom, qui me propose un autre thé.
Oh non…

Alors que je me prépare à refuser poliment, David intervient.
« Non merci Harry. Aaron et moi, on va aller sur le balcon. »
Je lève les yeux vers lui, reconnaissant.
« Oui, bien sûr les enfants, » approuve sa mère. « Profitez-en. »
« Viens. » me lance le brun.

Je me lève comme un automate, lance machinalement une petite formule de politesse pour prendre congé des femmes et suit mon hôte. On traverse l’immense appartement l’un derrière l’autre. J’ai les yeux rivés sur son dos musclé et m’efforce à ce que mon regard ne dérive pas plus bas. Je me félicite tout de même de marcher derrière lui, ça peut éviter des situations embarrassantes.

On finit par atterrir sur un balcon aux dimensions d’un porte-avion et David me fait signe de s’installer à une table dans un coin à l’ombre. Il disparaît sans crier gare à l’intérieur d’une pièce et en revient presque instantanément. Il me rejoint rapidement et dépose le fruit de son larcin.
Une paire de bières bien fraiches et un décapsuleur.

« Je te propose pas de thé, je pense que t’as eu ta dose pour la journée. » fait-il en me tendant une des bouteilles.

Je me sens sourire. Peut-être que je ne suis pas si discret que ça, après tout. Avant de s’asseoir, il sort un paquet de cigarettes de la poche arrière de son jean et m’en propose une. J’accepte volontiers. Je ne suis pas un fumeur à part entière mais de temps à autre, j’aime bien en griller une. Si ma mère me voyait, je ne suis pas vraiment sûre qu’elle apprécierait.
« Ma mère aime pas que je fume devant elle. » déclare-t-il. «En fait, elle fait comme si je fumais pas. Comme si elle refusait d’admettre la réalité. »
« Idem pour la mienne. »

Peut-être bien qu’on a plus de points en commun que je pensais ?

Un petit silence s’installe, aucun de nous deux ne semble vouloir continuer la conversation. Mais il ne s’agit pas d’un silence gêné. Moi qui suis peu loquace, cela me convient parfaitement. Je me sens à l’aise, décontracté, je profite du calme. Je me laisse aller sur ma chaise, bien rembourrée au niveau du dos. Je regarde aux alentours, admire la vue de New York qui s’étale sous nos pieds puis reporte mon attention sur David. Il a chaussé une paire de lunettes très branchée, sortie d’on ne sait où.
Ca lui va bien, ça le rend beau gosse. Mais ça m’empêche de voir où il regarde...

Il passe une main dans ses cheveux. Les miens sont un peu plus longs, j’aime bien les coiffer en arrière bien que souvent ils se coiffent comme bon leur semble.

« Alors tu es journaliste. Ca te plait ? »
« Ouais. »

Je suis sincère. Mon emploi a beau être très modeste, j’en suis ravi. Pour l’instant du moins. Mon patron me donne assez de libertés, je voyage pas mal, je commence à me faire des contacts. Oui, j’aime bien mon boulot.
« Qu’est-ce qui te plait le plus ? »
« Eh bien… »

Voilà une situation toute nouvelle pour moi. David est bien le premier à avoir l’air de s’intéresser à ce que je fais. Les autres auraient démarré au quart de tour, auraient déjà parlé affaire, futur, salaire. Peu importe si le travail plait, ce qui est important, c’est l’argent et surtout le prestige. D’habitude je me contente de suivre machinalement la conversation mais maintenant les choses sont différentes.

Alors je me lance. Au début je parle timidement. D’abord du côté professionnel. Je parle reportage, écriture, publication. Je lui explique les thèmes qui me tiennent à cœur et le pourquoi du comment, les libertés qu’on peut prendre, la censure, la liberté de la presse. Il se révèle être un homme cultivé, il me répond et donne son avis, à tel point que la conversation prend parfois des allures de débats.
Comme c’est agréable de parler à quelqu’un qui ne s’intéresse pas seulement à la superficialité des choses.

Puis je passe aux anecdotes et aux détails amusants. Je lui décris la personnalité complexe de mon patron, son amour de l’ordre presque maladif et le bordel monstre qui règne sur sa vie privée. Les crises de jalousie hystériques de sa femme qui pense, à raison, qu’il entretient une relation avec la serveuse de la petite cafétéria qui se trouve juste à côté de l’agence. Ma collègue Lucy qui se plait à coincer régulièrement quelque chose dans la photocopieuse, juste pour qu’on appelle le réparateur, un jeune gars sur qui elle a des vues depuis quelques mois. Mon autre collègue, Franck, toujours stressé, qui s’occupe de la rubrique des sports et écrit ses articles à la dernière minute…

Les tribulations de notre petite équipe font rire mon interlocuteur, mes mésaventures pendant les reportages également. Il me raconte lui-même ses déboires avec clients peu commodes, leurs exigences, les lubies de certains loufoques.

La conversation est animée, je ne vois pas le temps passer. Jusqu’à ce que Henry vienne me signaler que ma chère mère est désireuse de partir. C’est vrai, aujourd’hui, elle a rendez-vous pour sa manucure. Pour n’importe quelle femme de la jet-set, la manucure est aussi, si ce n’est plus important qu’une visite de contrôle chez leur médecin ou chez leur gynéco.

Je me lève à regret. David a l’air déçu lui aussi.
« Eh bien, c’est dommage. Cette conversation était très intéressante.»
J’approuve d’un signe de tête.
« J’ai trouvé moi aussi…A une prochaine fois alors ? »

Ca fait bien des lustres que je n’ai pas dit une chose pareille.

Je lui tends la main, qu’il serre avec force.
« J’espère bien. »

Un dernier regard et attend…un clin d’œil, j’ai pas rêvé? Tout s’est passé si vite. Je n’en suis pas sûr mais ça y ressemblait…

Et nous partons…
Dans la voiture, je regarde distraitement par la fenêtre. Ma mère me parle mais je n’écoute que d’une oreille.
Je suis sur un petit nuage. Je n’ai qu’une hâte, c’est de me retrouver seul, au calme...
A moins que ça ne soit de revenir à ce vingt-cinquième étage.

Ma mère me demande comment ça s’est passé, si David et moi on s’est bien entendus.
Heu…

Révélation N°7 (bien personnelle celle-là): Je crois bien que ce type m’a tapé dans l’œil…

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Dernière édition par PyroWoman le 28 Juil 2009 17:41, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Darko & Miller
MessagePosté: 10 Juil 2009 15:47 
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Même si tu sais dèjà ce que je pense de ton histoire sur CSI NY version slash, je te le dis encore ici:

J'adore la façon que tu as de décrire les personnages et leurs aventures :heart: :heart: :heart:

BRAVO :bravo: :bravo: :bravo: continue comme ça :wink:

valbone :ange:

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 Sujet du message: Re: Darko & Miller
MessagePosté: 10 Juil 2009 19:26 
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:D j'aime beaucoup la derniere revelation x)
He he, sa progresse doucement ! Ces mains m'intrique ><

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*------! Funny Funny !-------*

All you need is love

And Slash
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«Vivre est la chose la plus rare. La plupart des gens se contente d'exister.» Oscar Wilde


Fedal iz Lûuuve >3<
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 Sujet du message: Re: Darko & Miller
MessagePosté: 10 Juil 2009 22:01 
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Slash ou non, telle est la question...
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Je viens de lire ton histoire d'une traite et... j'aime beaucoup!! Le coup des révélation (un peu comme des notes) tout au long de l'histoire, c'est génial!
Et puis, j'aime ta façon de décrire la Jet Set.... :lol:

J'imagine bien la mère d'Aaron avec ses 'Liiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiz' Strident... :mrgreen:

Bravo miss!

La suite??

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Another Time, Another Place, Boys!

Lille 2010

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 Sujet du message: Re: Darko & Miller
MessagePosté: 13 Juil 2009 12:44 
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Le slash, kesako ?
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Merci beaucoup pour vos coms,je suis ravie que cela vous plaise.
Valbone, tes coms sont toujours un plaisir, ma grande!

3. C’EST FORMIDABLE

La semaine suivante passe assez lentement. Nous sommes maintenant fin juillet. Ma mère est partie depuis quatre jours sur la côte ouest pour une remise en forme dans un Spa très branché de San Francisco. Mon père est en Caroline du Sud pour affaires. Je reste donc tranquille quelques jours à la maison. J’en profite pour boucler quelques articles que j’ai sur le feu et remettre à jour des dossiers qui trainent.

Sans mes parents et surtout sans ma mère, c’est comme les vacances. J’ai donné aux domestiques des jours de congé non prévus et je me suis retrouvé seul à profiter pleinement de cette liberté relative. Je laisse mes fringues BCBG au placard et je me prélasse peinard dans tout l’appartement en t-shirt et short. Souvent même sans t-shirt et parfois sans rien du tout…

Je me cuisine des trucs simples, pas allégés, je bois du café et des boissons sucrées. Oubliés pendant un moment, les salades légères, les plats ultra diététiques que ma mère nous impose continuellement. Pâtes carbonara, sauce bolognaise, steaks bien saignants, entrecôtes cuites à point, je savoure chaque repas.

C’est après avoir dégusté l’un de ses succulents plats que le mercredi soir je m’installe de nouveau devant mon ordi, tasse de café en main. J’ai des mails à consulter avant de partir au lit. Le premier vient de mon patron qui me propose un petit reportage dans le Maine.
Pourquoi pas ? Ca me tenterait bien de partir, de changer d’air.

Le message suivant, de Rachel Jones, part directement dans la poubelle, sans même être lu. Il s’agit de l’héritière cadette de Devon Jones, un riche homme d’affaires, magnat dans le milieu de la construction. Depuis que je l’ai rencontrée, un maudit samedi soir d’automne, lors d’une soirée très sélecte que son père organisait, la demoiselle ne cesse de me harceler avec des quantités insoupçonnées de messages et des mails (j’ai bien essayé de les bloquer mais elle s’arrange toujours pour arriver à ses fins et change tellement d’adresse que j’ai vite renoncé). J’évite soigneusement de répondre à ses appels et je me fais porter absent chaque fois qu’elle nous joint sur le fixe de la demeure familiale. Heureusement pour moi, ma mère ne la supporte pas non plus, ça m’évite bien des désagréments.

En parlant de ma mère…elle m’a également écrit. Allons donc ! Elle me signale que nous sommes invités au gala de charité en faveur du développement durable, organisé par Jane Johanssen, une de ses vieilles amies qu’elle a rencontrée au spa par le plus grand des hasards.

Une de ces étranges coïncidences de la vie dont on aimerait bien se passer parfois…

Le thème du gala me fait bien rire. Avec ce que gaspillent les riches…l’eau pour arroser leurs immenses pelouses, les énergies pour faire marcher leurs puissants électroménagers, les carburants pour faire avancer leurs puissantes voitures et j’en passe, ils veulent maintenant prétendre combatte la surconsommation, peut-être ?
Passons…Il me reste seulement trois jours pour me trouver une bonne excuse pour ne pas y assister. Sinon, je risque d’apparaitre sur les tabloïdes people. Le must pour la gente de la jet-set. Ca lui plait de savoir que les gens seront au courant de leurs moindres fais et gestes.
Pas de secrets, pas de vie intime.

En parlant de ça…J’ai bien envie de mener ma petite enquête perso. Notez bien que je suis loin de raffoler des ragots et potins en tout genre, mais depuis une bonne semaine, j’ai un certain jeune homme qui ne veut pas sortir de mon esprit. Pas une obsession malsaine, bien sûr mais simplement une curiosité éveillée…

Je doute encore un peu, les mains hésitantes au dessus du clavier. Bah, quel mal peut-il y avoir ?
Allez, je me lance. Google est mon ami, cela va sans dire. Je tapote rapidement…D.A.V.I.D M.I.L.L.E.R. et hop, je lance le moteur de recherche.

Au terme d’une demi-seconde (vive le haut débit), les résultats s’affichent. Pas trop d’entrées, l’intéressé se fait discret. Quelques photos prises lors de galas et soirées diverses. Pas un pet de travers, toujours bien habillé, la classe avec un grand C.

Quelque chose me chiffonne pourtant…Il est souvent accompagné de jeunes filles, scintillantes et enguirlandées comme des arbres de Noel. Une d’entre elles retient particulièrement mon attention, une blonde recouverte de diamants qui apparaît régulièrement à ses côtés.
Attend, c’est qui celle-là ? Ni Liz ni ma mère ni même David n’ont mentionné une petite amie…Je scrute attentivement les photos de l’inconnue, mais je n’arrive pas à mettre un nom sur ce visage.

Une chose est sûre. Cette fille, je ne l’aime pas. Et c’est plutôt frustré que je pars au lit. J’ai un peu de mal à trouver le sommeil et la chaleur n’aide pas. Ma mère a bien des cachets pour dormir (toujours utile avec la vie de fou qu’elle mène) mais je résiste encore au danger de tomber là-dedans. Je compte les moutons, je mets de la musique relaxante et je finis par sombrer dans un sommeil sans rêve.

Le lendemain ma mère est de retour, toute fraîche et relaxée de sa semaine. Je la retrouve, en revenant du boulot, qui se prélasse déjà sur son fauteuil préféré, un catalogue ouvert sur les genoux.
« Ah bonjour mon chéri. »
Je dépose une bise sur sa joue.
« Bonjour maman. Ca va ? »
« Ecoute, je suis en pleine forme. Ce spa était tout simplement Fan.Tas.Ti.Que. »

Tu m’étonnes, aux tarifs qu’ils pratiquent, il y a de quoi donner un service de qualité. En tout cas, ma mère a l’air radieux et elle est encore plus bronzée qu’avant. Je ne reconnais pas ses vêtements, elle a du profiter de son escapade pour faire quelques emplettes également.

« Et ta semaine, mon chéri, tu ne t’es pas trop ennuyé ? »
« Non maman, j’avais du travail, ne t’inquiète pas. »
« Mais Bret m’a dit que tu leur avais dit de partir et tu es resté tout seul et… »

Bon sang. J’aurais dû me méfier de celui-là. C’est pas faute de lui avoir fait promettre de ne rien dire, pourtant. Bret est notre majordome, un quinquagénaire au mauvais caractère et un véritable mouchard. Il est toujours de mèche avec ma mère. Quand j’étais môme, j’essayais d’acheter son silence avec ma paye, mais en vain, il s’empressait de courir tout raconter à mes parents.
Comme j’ai pu le détester à l’époque !

« J’avais envie d’être seul, c’est tout. »
« Mais… »
« Maman. J’ai 24 ans, je suis plus un bébé… »
Elle n’a pas l’air convaincue. Je soupire et tente de changer de conversation.
« Tu fais quoi ? »
« Oh, je consulte le nouveau catalogue de Kaja Gam. » s’écrit-elle d’une voix soudain enjouée, « J’ai pensé refaire ma salle de bains. Qu’est-ce que tu en penses? »
Et vlan, elle me fourre son bouquin sous le nez.

J’hésite à répondre. Quand ma mère décide de refaire une pièce de l’appartement, c’est qu’elle a des soucis. Mais le hic, c’est que ça peut être tout aussi bien pour des futilités que pour quelque chose de plus grave…
« Heu…Oui, c’est une bonne idée. »
Après tout, on ne l’aura jamais refait que trois fois en deux ans, cette pièce…

« Parfait. Je vais les appeler dès demain pour qu’ils envoient quelqu’un…Au fait, tu te souviens toujours que nous sommes invités au gala de Jane après-demain. »
Oui, je m’en souviens. Je m’étais même mis à souhaiter que ma mère l’ai oublié en rentrant, ce qui à priori parait impossible. J’ai accepté le reportage dans le Maine en espérant que les deux tombent au même moment mais manque de chance, je ne pars pas avant quinze jours.
Aucune excuse ne vient à mon esprit, je vois pas comment y échapper.

« Formidable » fait ma mère avec un grand sourire, « Je vais leur dire que nous serons tous là, même ton père. »

Cette phrase met aussitôt fin à la conversation.
Formidable.

Ma mère se lève, repose son catalogue avec grâce et se dirige hors du salon, sans doute pour rejoindre sa chambre et se changer pour le dîner. Sur le pas de la porte, elle s’arrête et se retourne à demi.

« Au fait, Liz sera là également. Il y a donc de fortes chances pour que ton ami David soit là lui aussi. »

Oui, c’est For.Mi.Da.Ble.

*****

Josh et Jane Johanssen. Un des couples les plus solides que je connaisse, une relation sans la moindre infidélité, chose rare dans notre monde. Dix ans de différence, deux caractères aux antipodes l’un de l’autre. Mais de l’amour, du vrai. Du respect et de l’affection.


Josh est un grand type rondouillard, au visage aimable. Il est gentil, parfois bonne pâte mais redoutablement intelligent et terrible en affaires. Il a fait fortune à Wall Street il y a une vingtaine d’années puis a tout simplement investi son argent avec succès. Avec ce qu’il a gagné et ce qu’il continue à toucher, Josh peut dormir tranquille jusqu’à la fin de sa vie sans se soucier de rien. Pareil avec les prochaines générations, il est fort probable que les petits-fils de ses petits-fils ne connaissent pas le manque.

Je l’aime bien, c’est un type discret. Si je peux dire que mes amis se comptent sur les doigts d’une main, je peux aussi dire que Josh en fait partie. Petit, il m’amenait avec lui pour des parties de golf interminables. Juste tous les deux. J’adorais me balader avec lui et je me sentais le roi du monde quand il me portait sur ses épaules. C’est lui qui m’a appris à pêcher, à monter à cheval. Et c’était aussi mon complice quand il s’agissait d’échapper à la surveillance de sa femme et de ma mère pour s’éclipser discrètement des soirées

La jet-setteuse dans l’âme, c’est sa femme, Jane, une anglaise aux origines mondaines. Accessoirement meilleure amie de ma mère, quand elle n’en a pas de nouvelles, comme Liz Miller. Elle est autoritaire et dynamique. Assez frivole et superficielle dans son apparence, refaite au botox et à la chirurgie esthétique, adepte inconditionnelle de la mode, elle reste cependant sincère dans ses relations. Elle n’aime pas l’hypocrisie et n’hésite pas à dire tout haut ce qu’elle pense.

Elle m’apprécie, je pense, malgré le fait que j’ai fait les quatre cent coups chez elle.

Je connais bien leur maison, une sorte de mini-château dans les environs de New-York, avec des kilomètres de couloirs, des dizaines de pièces et un jardin aussi grand qu’une réserve naturelle.

Nous sommes en retard, la plupart des invités sont déjà là. C’est, comme d’habitude, la faute à ma mère, qui a exigé à son coiffeur personnel de refaire pas moins de quatre fois sa coiffure. Ceci sans compter le temps d’attente pendant qu’elle s’est habillée. Avec tant de préparation, elle rayonne par elle-même, tellement souriante qu’à ses côté, mon père, avec son simple smoking, a l’air d’être passé sous un rouleau compresseur.

Moi, je suis sur mon trente et un, fringué comme un prince. Ma mère a insisté et insisté, tellement que j’ai fini par céder. Costume trois pièces, cravate, cheveux parfaitement coiffés… Et je me sens stupide.

Mais l’heure n’est plus aux lamentations. Maintenant, il faut dire bonjour. Ca prend un temps de fou de saluer tout le monde. A chaque soirée j’oublie les visages, je confonds les noms. Heureusement ma mère est là, à l’aise avec tout le monde, véritable agenda ambulant. Elle sourit à tord et à travers, se rappelle d’anecdotes vieilles de mille ans et surtout ne commet pas de bourdes. Evidemment, quand on est au courant des derniers potins, on ne peut faire d’erreurs, comme par exemple confondre une ex et une nouvelle femme (ce qui m’est déjà arrivé…Depuis, je préfère me taire).

On complimente ma mère sur sa bonne mine, sur sa tenue qui lui va à ravir, on ajoute que mon père et moi sommes très classe et que nous nous ressemblons (Non, pitié !). Par politesse, nous retournons les compliments en double, voire en triple.
Je commence à en avoir un tout petit peu marre…

Ah, voilà nos hôtes. Josh vient me voir et me serre franchement dans ses bras. Ca fait un petit moment que je ne l’ai pas vu. Jane est moins démonstrative, elle se contente d’une légère bise sur la joue.

On échange quelques paroles animées puis Josh s’excuse, il a encore des gens à voir. Il s’éloigne en promettant de repasser dans la soirée. Jane entraine ma mère à l’écart pour qu’elle puisse l’aider à régler les derniers détails de la soirée. Mon père se réfugie près du bar avec des amis à lui.

Je me retrouve tout seul. Un peu paumé.

C’est alors que j’entends une voix moqueuse derrière moi.
« Alors, on fait bande à part ce soir ? »

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 Sujet du message: Re: Darko & Miller
MessagePosté: 13 Juil 2009 12:54 
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Slash ou non, telle est la question...
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Localisation: Sous une cascade
Toujours aussi bien ce chapitre, j'adore de la façon qu'il s'amuse que ses parents ne sont pas là :D
Et j'ai bien :lol: quand Aaron commence sérieusement à s'ennuyer

BRAVO :bravo: :bravo:

au prochain chapitre :heart:

valbone :ange:

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 Sujet du message: Re: Darko & Miller
MessagePosté: 19 Juil 2009 06:50 
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Mais euh... kesk'ils font ces deux-là ?
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Localisation: Là où je suis. C'est à dire partout et nulle part à la fois....
Wouah..
@_@
Là tu m'as bluffé! Tu écris très bien, et j'adore ton histoire! n____n
VIVEMENT LA SUITE !

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 Sujet du message: Re: Darko & Miller
MessagePosté: 25 Juil 2009 13:09 
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Localisation: Devant mon ordi bien sur ^^
:shock: Waouh tu m'as scotché, c'est vraiment très bien écrit, et moi qui habituellement n'aime pas trop les fictions originales, je dois te dire que j'ai vraiment hâte de lire la suite ^^
J'aime beaucoup le fait qu'il y ait des révélations et ta description des personnage est vraiment très bien faite, on n'a vraiment aucun mal à les imaginer.
encore bravo pour cette fic :bravo:
:suite:

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 Sujet du message: Re: Darko & Miller
MessagePosté: 26 Juil 2009 14:15 
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Le slash, kesako ?
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Merci beaucoup pour vos coms!! :heart:

4. REPAIRE SECRET

Mon cœur a fait un sacré bond dans ma poitrine. Mais pas vraiment de surprise. Je n’ai même pas besoin de me retourner pour savoir de qui il s’agit. Cette voix grave, railleuse, je la reconnais parfaitement.

David Miller, qui a visiblement l’art des apparitions soudaines, se trouve à quelques mètres de moi, appuyé nonchalamment contre l’embrasure d’une porte qui donne sur un petit salon. Il a l’air serein et aguicheur avec son petit sourire narquois et ses yeux pétillants. Un bon point pour lui, il est seul. Aucune fille pendue à son bras en vue.
Parfait.

Il n’a pas fait de gros efforts vestimentaires, juste un simple pantalon de toile blanche et une chemise de la même couleur, mais il est quand même à tomber par terre. Et moi je sens une espèce de boule au niveau de la gorge, rien qu’à le voir.
Et puis j’ai un peu chaud aussi, mais ça vient sûrement du fait que je suis trop habillé pour la saison.

Je souris bêtement, incapable de répondre. A dire vrai, je ne suis pas sûr de ma voix alors je préfère me taire.
« Je me demandais justement si j’allais te voir par ici. » lance-t-il.
« Err…Eh bien d’habitude, je m’arrange pour éviter d’atterrir dans ce genre d’endroit mais cette fois, j’ai pas pu y échapper. »
« Une prise de conscience soudaine envers notre planète ? »
« Non, une mère enquiquineuse. Et puis les Johanssen sont des amis de longue date. »
Il a l’air un peu surpris.
« Ah ouais, tu connais la maison, alors. »
« On peut dire ça. Et toi, qu’est-ce que tu fais là ? Tu te planques ? »

Il jette un coup d’œil autour de lui, comme pour s’assurer que personne ne l’écoute.
« Ouais, je suis à l’affût des minettes…Si une passe trop près de la porte, hop-là, à l’intérieur. »
Il rigole avant d’ajouter rapidement. « Non, en fait, je traque les petits fours. »
« Pardon ? »

Il se penche légèrement en arrière, tend le bras et l’instant d’après me montre une poche, remplie d’une flopée de petits fours, entassés à la va-vite. Je le fixe d’un air ébahi. Mais qu’est-ce qu’il va faire de tout ça ?

« Tu luttes contre l’obésité précoce chez les jet-setteurs en leur piquant la nourriture ? Ou contre la surconsommation ? Ou alors tu es boulimique peut-être ? »
Il rigole franchement puis affiche un air mystérieux.
« C’est une histoire un peu compliquée. »
« Et tu ne vas pas me la raconter ? »
« Si, bien sûr, mais pas ici. »
Il redépose son butin sur une petite table de la pièce, à l’abri des regards.

« Un verre, peut-être ? » propose-t-il en me désignant le bar.
J’accepte d‘un petit signe de tête, mais je suis encore curieux de savoir ce qu’il cache. Il s’éloigne, fait signe au serveur, récupère deux cocktails et revient aussitôt. Il me tend un verre et réengage la conversation.
« J’ai aperçu ta mère. Elle avait l’air heureuse. »
« Oui, c’est parce qu’elle va refaire sa salle de bains. »
Il sourit, sans avoir vraiment compris l’allusion, mais il a vite saisi qu’une histoire particulière se cache derrière mes paroles. Et connaissant sa mère, il doit savoir ce que c’est de vivre avec une personne tellement imprévisible.

On échange encore quelques banalités sans intérêt, puis le silence s’installe entre nous, comme une semaine auparavant, dans son appartement. Appuyé contre le mur, près de lui, je sirote mon cocktail, une espèce de boisson bleue pas mauvaise du tout. Je ferme à demi les yeux et laisse couler le moment, savourant la présence du jeune homme à mes côtés.

Près de nous, à moitié cachés par une énorme plante verte, un couple se chamaille sur un canapé. Une espèce d‘asperge toute sèche qui reproche à son mari de lui avoir renversé du champagne sur sa fabuleuse tenue de gala. Bref, de la lui avoir ruinée. Apparemment elle ne connaît pas le détachant…Le pauvre homme tente bien de l’aider à nettoyer mais dans sa précipitation, il ne fait qu’empirer la situation.

La dispute devient hilarante entre ces deux-là. J’écoute malgré moi et j’ai bien du mal à me retenir d‘éclater de rire. Je jette un coup d‘œil à David qui se mord la lèvre inférieure, les yeux rivés sur le sol et commence à devenir dangereusement écarlate. Il relève les yeux et je lui lance un clin d’œil. C’est un véritable miracle qu’on ne parte pas en vrille sur un fou rire.

C’est fou ce que je savoure cet instant. J’adore cette atmosphère complice.

Quand soudain…« Oh, Aaaaaron ! »
Oh non... Cette voix…
Rachel Jones.
Merde. Pas elle. Pas ici. Pas maintenant.

Je sens le monde s’écrouler autour de moi et pourtant je ne l’ai même pas encore aperçue. J’entends des petits pas pressés et l’instant d’après, Rachel déboule dans mon champ de vision en se dandinant, aussi vite que ses talons aiguille démesurés le lui permettent. Elle porte une robe ultra courte recouverte de paillettes qui la font ressembler à une boule à facettes de discothèque ambulante. En arrivant vers moi, elle freine et commence à se déhancher d’une manière excessive comme une…Non, mieux vaut que je garde mes réflexions pour moi.

Dans ma tête, c’est la panique et la mort cérébrale immédiate. J’essaie de sourire, de dire bonjour, de bouger. Sans succès.
« Ah, tu es là ? »
C’est tout ce que j’ai pu dire finalement. Avec un enthousiasme et une délicatesse à faire peur. Et avec un ton si sec que ça renvoie les bougonnements de mon père au rang de tendre gazouilli.

« Oui bien sûr, Je t’ai envoyé un mail pour te prévenir, tu ne l’as pas vu ? »
Zut. Tout compte fait, il faudrait peut-être que je prenne l’habitude de les lire, ses mails…Ne serait-ce que pour éviter de tomber nez à nez avec elle sans m’y attendre.
« Heu…Non…Mon…Mon ordi est tombé en panne.. »
C’est la première excuse bidon qui me traverse l’esprit. Absolument minable. Même un gamin aurait deviné l’entourloupe. Mais on parle de Rachel. Elle, elle gobe tout du début à la fin.
« Oh, mon pôoovre. Il faut absôoolument que tu me préviennes dès que tu en auras reçu un nouveau, eh ? »

Ses ô trainants et sa voix perchée me donnent mal à la tête. Derrière moi, je sens le regard moqueur de David. Et je devine son hilarité. Je décide de mettre un point final à tout ça. Et c’est avec un ton plus posé et plus calme que je continue, pour la rassurer et faire qu’elle se taise
« Bien sûr. Pas de souci. Je fais ça dès que je le reçois. Sûrement demain ou après-demain. »
C’est un joli tissu de mensonges. Elle peut toujours courir pour que j’essaie de la contacter, tiens.

« Tu ne me présentes pas ton ami ? » roucoule alors la trouble-fête.
Du calme, du calme, du caaalme !
« Eh bien voilà David. David, voilà Rachel. »
Rachel laisse échapper un petit gloussement.
« Salut…Je suis une très bonne amie d’Aaron. »
Hein ? Non mais pourquoi elle lui sort ça maintenant.
« Oh, vraiment ? » réplique David, l’air intéressé.

J’espère que mon visage n’est pas aussi rouge que je le crains…
« Euh Rachel, je suis désolée mais nous devons y aller. Tu nous excuses ? »
« Déjà ? Mais…Vous allez où ? »
« On va parler…affaires. Des trucs d’hommes. Hein, David ? »
Mes derniers mots sont accompagnés d’un regard appuyé et entendu. David se mord les lèvres pour ne pas rire.
« Oui, d’hommes, c’est ça. »

J’entraine David vigoureusement par le bras, en parlant dans ma barbe, assez bas pour qu’elle ne m’entende pas.
« Filons d’ici, par pitié. »
« Ouais, mais pourquoi… »
« Les questions après, si tu permets… »

Je ne me retourne pas et je fonce, le poignet de David toujours broyé entre mes doigts. Je ne parle plus, j’essaie juste de mettre le plus de distance possible entre moi…entre nous et ce cauchemar. Quand j’estime que nous sommes enfin en sécurité, je m’arrête enfin et lâche mon compagnon qui se frotte le bras. Apparemment, j’ai serré vraiment trop fort …

« Eh bien, » commence-t-il, étonné, « Est-ce que c’était vraiment la peine de courir comme ça ? Est-ce que c’est une manière de traiter son amie ? »
« Ce n’est pas mon amie. Ni même une amie. Tout juste une connaissance. »
« Pourtant elle est très jolie et très…vive. »
« C’est une vraie blonde. »
« Et alors ? »
« Et alors, s’il existe un représentant parfait de chaque stéréotype sur cette terre, alors elle est l’incarnation même de la ravissante idiote. Et terriblement casse-pied aussi, si tu vois le genre. Bordel, j’arrive pas à m’en défaire. Quelle plaie, cette fille ! »

J’ai dit tout ça d’une traite, sans reprendre ma respiration. Je suis hors de moi, pour le coup. J’ai besoin de me calmer. C’est incroyable comment certaines personnes arrivent à me sortir de mes gongs. Comme ça, juste par leur présence.
« Viens, on va trouver un endroit plus tranquille. » propose David d’un ton neutre.
« J’adhère totalement à cette idée. »

J’aperçois un couloir…Si je me trompe pas, celui-ci nous mène directement à la cuisine. Je commence à me mouvoir dans cette direction.
Mauvaise manœuvre. Des 200 personnes présentes dans la propriété à ce moment précis, c’est ma mère qui arrive, accompagnée de Jane et de Liz. Pour l’instant, on est encore cachés parmi les invités mais dans peu de temps, on va finir inévitablement par se croiser.
« Merde. Ma mère. Manquait plus qu’elle. »

Je me retourne, à la limite de l’affolement mais c’est pour constater que David a disparu. Bon sang, c’est quoi cette histoire ? Ils se sont tous mis de mèche pour me rendre dingue, c’est ça ?

Ma génitrice et ses deux acolytes ont l’air passablement excitées, ce qui veut sûrement dire que le discours du gala va bientôt commencer…Quelle chance…Il faut que je trouve un endroit où me cacher le temps qu’elles passent, sinon elles risquent de m’entrainer avec elles sur l’estrade ou pire, elles vont me demander de dire quelques mots.
Non…

Je sens soudain un souffle chaud contre mon oreille puis une main qui se pose sur mon avant-bras.
« Viens, suis-moi. » fait David dans mon cou.
« Hein…Où ? »
« T’inquiète. Suis-moi. »

Pas la peine de me le répéter deux fois. Je le suis sans réfléchir, en slalomant entre les gens et rapidement, on se retrouve dehors, à l’écart de la foule. Du coin de l’œil, je vois qu’il a réussi à récupérer son sac de provisions.

On traverse le jardin, lui devant, moi sur ses talons. Et on commence à s’éloigner un peu trop de la demeure principale, là. Bon sang, il m’amène où ?
En quelques secondes, mon cœur s’accélère, j’ai la gorge sèche, les mains moites et je ne peux m’empêcher d’avoir des idées mal placées…
Dans ce genre de situation, impossible de ne pas laisser mon imagination s’emballer.

Nous arrivons finalement près d’une petite maison, une de ces petits pavillons de luxe que Josh a fait construire pour ses invités. Dans la pénombre, je ne distingue pas grand-chose. Les volets sont clos. Il n’y a pas le moindre bruit.

Puis David frappe trois fois à la porte sans attendre. Quelques secondes plus tard, la porte s’entrouvre, laissant passer une lumière douce. Une tête apparaît dans l’embrasure, celle d’un jeune homme aux cheveux ébouriffés.
« Kurt, c’est moi », murmure David.

Le dénommé Kurt s’efface pour nous laisser passer et je suis David à l’intérieur. On se retrouve aussitôt dans un petit salon. La pièce sent le tabac, l’alcool, la nourriture et la chaleur humaine.
En face de moi, au beau milieu de la salle, j’aperçois une table de poker, avec un tapis d’une belle couleur verte, recouvert de jetons et de cartes. Partout autour sur les meubles s’entassent des bières vides, des emballages de chips et des amuse-gueule vides.
Il ne me faut pas longtemps pour saisir ce qui se passe ici.

« Ah, je comprend mieux ton vol des petits fours. »
David me lance un sourire malicieux et tend le bras vers l’homme qui nous a ouvert.
« Je te présente Kurt Delpiero. »
L’intéressé s’approche et me tend la main.
« Enchanté. Aaron Darko. »

« Et voilà Paul Johanssen »
Un jeune homme blond au teint pâlichon se lève pour m’accueillir.
« On s’est déjà croisé je pense. Je suis le neveu de Josh.
Je hoche la tête en souriant. Oui, je me souviens vaguement de lui, des vacances en Grèce, il me semble. C’était il y a longtemps, c’est un peu flou dans ma mémoire.


« Bienvenu dans notre salle de jeux clandestine. » déclare David avec une fierté feinte.
Je ne peux pas m’empêcher d’éclater de rire.
« Ok, je vois. C’est comme ça qu’on supporte la soirée. »
« T’as tout pigé. Notre repaire secret pour échapper à la torture. »

Je lorgne la table avec intérêt.
« Vous jouez de l’argent ? »
« Ouais, mais pas de sommes faramineuses. C’est plus symbolique qu’autre chose. »
Il me désigne une chaise vide d’un regard engageant.
« Alors, ça te dit ? »
Un peu que ça me dit, tiens.

Quelques minutes après, nous voilà tous les quatre installés. J’ai enlevé ma veste et ma maudite cravate qui me serre le cou et m’étouffe depuis le début. Je me sens à l’aise, clope au bec, bière à portée de main. Je suis dans mon élément. Je me laisse aller et j’oublie mes soucis.

L’ambiance est bonne enfant. On rit, on s’interpelle joyeusement. Moi qui suis d’habitude si asocial, je n’ai aucun problème pour m’entendre avec mes nouveaux compères. Paul est marrant, blagueur. Kurt est plus réservé mais tout aussi sympathique. Deux fils de bonne famille qui aiment bien « dévier des règles ».

Le temps passe vite dans cette pièce. La partie est serrée et plus je bois d’alcool, plus j’ai du mal à conserver un visage neutre, ce qui pour le poker est des plus ennuyeux.

David est assis en face de moi. Il me sourit souvent, m’envoie des clins d’œil. De temps en temps, il étend ses longues jambes sous la table et frôle les miennes. Entre ça et l’alcool me monte un peu à la tête, je suis sur un petit nuage.

Au bout d’un moment, je me demande quelle heure il est. Un coup d’œil à ma montre m’apprend qu’il est presque deux heures du matin. Waou, c’est fou comme le temps file quand on s’amuse. Nous en sommes maintenant à une énième main et je viens de me coucher pour cause de paire de sept minable. Pareil pour Kurt, qui affiche une mine déconfite devant ses cartes. Restent David et Paul en course. Ce dernier abat ses cartes sur la table.
« Allez regarde. Et pleure ! » s’écrit-il joyeusement avant de déposer son jeu à découvert.
Une suite. Rien que ça.
« Eh merde ! » fait David en rigolant et en abattant son full. « T’es vraiment verni toi ce soir. »
Moi aussi je me marre. Je suis crevé, j’en peux plus, mais je suis heureux.

« Eh bien les enfants », intervient Kurt, « Je pense que c’était la dernière pour moi, il se fait vachement tard. »
« Idem. »

Tout le monde est d’accord et nous mettons un terme à la partie. Bilan de la soirée : Paul nous a battus à plate couture.

Maintenant, il faut ranger tout le bordel autour de nous…On va en avoir au moins pour une heure…
N’empêche, ça a été une soirée parfaite !

Révélation N°8 : David et moi avons un autre point commun : nous aimons jouer aux cartes.

Bien que nous soyons franchement nuls, il faut l’avouer. Moi je me sens aussi un peu rouillé.
Mais comme on dit…Malheureux au jeu…

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 Sujet du message: Re: Darko & Miller
MessagePosté: 26 Juil 2009 15:31 
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Slash ou non, telle est la question...
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Inscription: 07 Sep 2007 11:32
Messages: 923
Localisation: Sous une cascade
Encore un superbe chapitre :heart: :heart:

BRAVO Pyro continue comme ça j'adore :wouah:

valbone :ange:

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 Sujet du message: Re: Darko & Miller
MessagePosté: 30 Juil 2009 15:37 
Hors ligne
Le slash, kesako ?
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Inscription: 15 Juil 2009 21:20
Messages: 43
Localisation: Devant mon ordi bien sur ^^
Vraiment très bon chapitre ^^
J'adore encor une fois :wouah: et encore une révélation étonnante xd
Vivement la suite :suite:

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