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 Sujet du message: Re: Peinture sur toile - PG13
MessagePosté: 12 Déc 2013 13:38 
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Glasgow a écrit:
Toujours aussi plaisant :bravo: :bravo: Tu arrives parfaitement à rendre tes personnages attachants et la note de suspense n'est pas pour me déplaire, même si du coup j'ai terriblement hâte de lire la suite :wink:

Rhooo merciiii :)

mumu71 a écrit:
Je comprends la culpabilité de James. qui ne se sentirait pas coupable à sa place. leur relation était passionnelle la mort de raphaël l'était également. en tout cas d'une certaine manière.
Oui, c'est bien l'idée, j'aime bien comme tu pressens les choses à chaque fois, je vais t'élire lectrice de l'année !

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 Sujet du message: Re: Peinture sur toile - PG13
MessagePosté: 12 Déc 2013 17:14 
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Il y a une surprise dans ce chapitre ! Pas sur la mort de Raphaël, mais sur ses circonstances, vraiment épouvantables !
Tu nous avais lancées sur une fausse piste (moi en tout cas :? ), je pensais qu'il était mort dans l'accident de voiture...

Tu mènes très bien le déroulement de l'histoire :bravo: :bravo: Vivement la suite !


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 Sujet du message: Re: Peinture sur toile - PG13
MessagePosté: 16 Déc 2013 20:41 
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Mais euh... kesk'ils font ces deux-là ?

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je ne reviews pas très souvent il est vrai mais que ta fic me tiens en haleine ... je lis souvent plusieurs chapitre en même temps car je prend beaucoup de retard ... Néanmoins je voudrais la suite ... que je ne lirais surement pas tout de suite mais tu nous tiens en haleine vraiment bien ... j'ai moi aussi était sur une fausse piste pensant que Raphael etait mort dans l'accident mais c'est encore pire en faite ...
en un quelque mots :
:suite: :bravo: :bravo: :bravo: :suite:
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 Sujet du message: Re: Peinture sur toile - PG13
MessagePosté: 16 Déc 2013 21:08 
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rhoda a écrit:
Tu mènes très bien le déroulement de l'histoire :bravo: :bravo: Vivement la suite !
Rhoo merci, c'est très gentil :oops: :oops:

Narcicia a écrit:
je ne reviews pas très souvent il est vrai mais que ta fic me tiens en haleine ...
Merci d'avoir pris le temps de lire et de poster une review et ravie que ça te plaise !

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 Sujet du message: Re: Peinture sur toile - PG13
MessagePosté: 16 Déc 2013 21:11 
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8.

Il faisait nuit à leur arrivée sur la propriété balnéaire de James Hesse mais une pleine lune dans un ciel sans nuages, parsemé d'étoiles brillantes, offrait un éclairage inespéré aux deux nouveaux arrivants.

La première chose qu'ils aperçurent, ce fut sa voiture. Une Toyota grise aux reflets cuivrés. Et à sa simple vue, tout le stress que Mélanie avait essayé d'endiguer au fond de sa poitrine pour être en capacité de conduire, reflua d'un seul coup. Elle avait peur. Une peur irrationnelle, écrasante... Ses yeux se parsemèrent de larmes qui coulèrent sans retenue sur ses joues. Elle ouvrit la portière pour se précipiter vers la maison mais la poigne ferme d'Angel la retint dans son mouvement. Elle le foudroya du regard mais le jeune homme parla d'une voix froide, presque dénuée de sentiment :

- Laisse-moi y aller seul.
- Non.
- Mélanie...

C'était la première fois qu'il l'appelait par son prénom et il semblait y avoir une once de respect dans la façon dont ce seul mot avait claqué dans le silence du lieu.

- Ne me demande pas ça...
- Mélanie...

Ce second mot dans sa bouche ressemblait cette fois à une injonction. Il la sentit faiblir. Alors, il osa. Face à cette jeune fille qu'il connaissait peu mais dont le regard était ampli d'un douceur bienveillante, il osa.

- Mélanie, je l'aime.

Leurs regards s'affrontèrent un instant bien qu'il était difficile à quiconque de soutenir le tumulte orageux des prunelles sombres du garçon. A quiconque n'était pas James.

- Moi aussi, dit-elle dans un mince filet de voix.
- Je sais. Mais pas comme moi.

Finalement, il l'attrapa et l'attira à lui. Elle ne résista pas et s'abandonna aux bras fermes de son compagnon, laissant ses dernières larmes mourir dans les cheveux ébènes d'Angel.

- Je te le ramènerai en vie, je te promets. Il y a des coups de foudre qui donnent des bleus au cœur, mais pas celui-là, crois-moi. Jamais je ne lui ferai du mal. Toutes les passions ne se ressemblent pas...

Lui qui ne se livrait jamais, qui ne parlait jamais sentiment, avait fait un effort énorme pour réconforter la jeune femme. Ce qu'il ressentait en réalité pour l'artiste était trop fragile, trop personnel pour qu'il puisse aisément en parler. Comme si évoquer quoique ce soit pouvait profaner cette émotion nouvelle qui était née dans sa poitrine et qu'un simple baiser avait suffi à cimenter.
Il avait su, à la minute où il avait posé ses yeux sur les toiles de James, qu'une résonance particulière existait entre lui et l'auteur de ces œuvres. La douceur posée de l'artiste, sa chaleur protectrice, ses mots sans artifices avaient achevé de conquérir ce cœur sauvage qui n'avait plus beaucoup lutté pour reconnaître l'évidence...

Mélanie le regarda se diriger vers la maison du peintre sans amorcer d'autres mouvements, les mains jointes dans une prière muette, à peine consciente du vent froid qui frappait ses vêtements de son mordant incisif.

Angel ne percevait comme seul son que le bruit sourd des vagues de la Manche déchainée qui s'écrasait au loin dans d'épais rouleaux d'écumes. Tout semblait éteint dans la maison de James car aucune lueur ne lui parvenait autre que la clarté des astres nocturnes. Alors, les pupilles entièrement dilatées par le manque de lumière, il fouilla l'obscurité aux alentours, à la recherche d'un signe de vie, d'un mouvement et posant ses yeux sur la berge, il distingua enfin une ombre.

Un homme se dressait là, debout face à la mer, de l'eau à mi-cuisse, comme perdu dans la contemplation des reflets de la lune sur la surface argentée des flots.

Un cri déchira le silence des lieux. Un prénom. Et l'homme se retourna.

A bout de souffle, fouetté par le vent glacial, Angel rejoignit la rive, cherchant à capter une lueur dans le regard de l'homme qui était séparé de lui de quelques mètres seulement. Mais quelle température pouvait bien faire cette eau? 12 ? 10 degrés ? Il grelottait à présent mais l'adrénaline dans ses veines le galvanisait et il ne sentait pas la morsure du froid.

- Tu n'aurais pas du venir, Angel.
- Et te laisser faire n'importe quoi?

Le jeune homme, les cheveux noirs légèrement humidifiés par les embruns marins cinglant son visage, comprit à cette seule intonation qu'il allait devoir engager une véritable joute verbale pour faire revenir le peintre à la raison.

- Tu n'as rien à voir dans tout ça.
- Mais je suis là. Je suis là pour toi.

Le blond avança encore un peu dans l'eau. Angel cria à nouveau son prénom. Leurs yeux s'accrochèrent dans la nuit malgré le manque de lumière. Et Angel entra à son tour dans l'eau. C'était brûlant, tellement c'était froid. Il frissonna, cette fois parfaitement conscient de la déperdition de chaleur dans son corps. Une sensation immédiate de refoulement du sang vers le haut de son corps. Il continua d'avancer.

- Angel...
- Je ne sais pas nager.
- Alors retourne sur la berge.
- Pas sans toi.

Malgré la peur qui le saisissait peu à peu aux entrailles, tant à la fois pour sa propre vie que pour celle de cet homme qui faisait battre son cœur, il fit encore un pas.

- Pourquoi ?
- Tu sais pourquoi, James.

Sa respiration devenait rapide et plus difficile à mesure qu'il s'enfonçait dans les eaux glacées de la Manche.

- Toi et moi, on peut se guérir ensemble.
- Je n'en ai plus la force.
- Je t'aime. Je t'aime, James. Et si ce n'est pas partagé, je t'aimerai pour deux.

James s'était parfaitement immobilisé et détaillait le jeune homme dans la pénombre. Il le voyait fragile et déterminé à la fois, rempli de ferveur mais totalement effrayé par la situation au point que sa fierté d'apparat ne semblait pas suffire à contrôler les tremblements dans tous ses membres.

- Je ne suis pas quelqu'un qu'on aime.
- Je ne suis pas lui, je n'ai rien à voir avec lui et je n'ai pas peur de toi.

Son pouls s'était ralenti, les battements de son cœur sous l'effet du froid, se faisaient moins forts et moins fréquents. Il commençait à se sentir engourdi et à demi paralysé... Comment faisait James bon sang pour lutter contre ce froid ? L'habitude ?

- C'est si tu me quittes, si tu pars comme ça, que j'aurais mal...

Les mots se perdirent dans une vague plus haute que les autres qui le happa par le fond.

A suivre

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 Sujet du message: Re: Peinture sur toile - PG13
MessagePosté: 17 Déc 2013 09:19 
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:wouah: de loin mon chapitre préféré pour tout te dire!

Angel n'est pas quelqu'un qui se livre et pourtant il le fait.
Il se livre à Mélanie, pas entièrement bien sûr, mais assez pour qu'elle comprenne ce qu'il ressent pour le peintre.
cela ne doit pas être facile pour lui qui a pris soin de se forger une carapace. Mais voilà s'il veut y aller seul, il doit faire part de ses sentiments à Mélanie, pour qu'elle lui fasse confiance.
en parlant de ça quelle confiance de la part d'angel "Je te le ramènerai en vie, je te promets.". il ne doute pas un seul instant que c'est déjà fini! ou qu'il peut perdre à ce jeu là. probablement pour s'en convaincre lui même!

et le voilà à crier son nom pour attirer son attention.
James veut en finir et angel sait qu'il va devoir jouer le tout pour le tout pour qu'il accepte de revenir sur la berge avec lui.
il lui dit. ce je t'aime. car james a besoin de l'entendre.
Il croit ne pas mériter d'être aimer. il se sent tellement démuni, tellement coupable que pour lui une seule solution est envisageable.
mais comme le dit si bien angel à mélanie "Il y a des coups de foudre qui donnent des bleus au cœur, mais pas celui-là, crois-moi. Jamais je ne lui ferai du mal. Toutes les passions ne se ressemblent pas".
il a raison et c'est pour ça qu'il entre dans l'eau lui aussi. parce qu'il l'aime, parce que sans lui, s'il décide d'en finir, s'il le perd de cette façon, et là encore je cite "C'est si tu me quittes, si tu pars comme ça, que j'aurais mal" lui non plus ne s'en remettra pas et lui aussi culpabilisera de ne pas avoir été capable de faire entendre raison à james.

Mais la vie parfois est retorse. Angel ne sait pas nager et une vague plus haute que les autres le tire par le fond.
retorse oui mais elle peut donner un coup de pouce. Caér james ne laissera pas Angel se noyer. il se battra pour le ramener sur la rive, et par là même se ramener sur la rive.
:suite: :suite: :suite: :suite: :suite: :suite: :suite: :please:


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 Sujet du message: Re: Peinture sur toile - PG13
MessagePosté: 17 Déc 2013 19:38 
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Citation:
Merci d'avoir pris le temps de lire et de poster une review et ravie que ça te plaise !

de rien et comme j'ai un peu de temps cette semaine je repasse meme très rapidement ^^ il faut dire que ta fic nous clous a nos claviers.
Citation:
- Angel...
- Je ne sais pas nager.
- Alors retourne sur la berge.
- Pas sans toi.


Citation:
Les mots se perdirent dans une vague plus haute que les autres qui le happa par le fond.


il ne peux pas mourir !! ni même finir a l'hopital ne fais pas se reproduire le passer (même en moins violent, même en inversant les rôles)

:suite:

sinon je ne comprends pas quel sont les sentiments de Mélanie ... je la vois bien en amoureuse déçut mais rester amie avec "l'élus de son coeur" malgrès le fait qu'elle ne puisse le combler ... ou est-ce juste une amie très proche et sincere

j'attends la suite avec asssez d'impatience surtout qu'en ce moment j'ai un peu de temps libre pour passer ici ^^

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 Sujet du message: Re: Peinture sur toile - PG13
MessagePosté: 18 Déc 2013 09:28 
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Effectivement, très beau chapitre !
Manifestement, James ne s'est pas du tout remis de sa passion destructrice avec Raphaël, il n'imagine pas pouvoir connaître une relation amoureuse qui fortifie au lieu de détruire...
Moi aussi, je me pose des questions au sujet de Mélanie ! Ce serait dommage pour elle d'être amoureuse de James (ceci étant, comme si on choisissait...)

Ne nous fait pas languir, :suite: :suite:


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 Sujet du message: Re: Peinture sur toile - PG13
MessagePosté: 22 Déc 2013 22:01 
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:reviews: :reviews: :reviews:

Narcicia a écrit:
sinon je ne comprends pas quel sont les sentiments de Mélanie ... je la vois bien en amoureuse déçut mais rester amie avec "l'élus de son coeur" malgrès le fait qu'elle ne puisse le combler ... ou est-ce juste une amie très proche et sincere
Je la vois en amie sincère effectivement un peu entichée du peintre mais malgré tout d'une affection très fraternelle :)

Allez, un petit chapitre plus calme :)

9

Il reprit conscience avec les poumons en feu et un affreux goût salé au fond de sa gorge. Il cligna des yeux à plusieurs reprises pour parvenir à fixer son regard sur un environnement très flou et la première image qui s'imposa à lui se matérialisa sous la forme de deux iris d'un bleu profond nuancé de légers pigments gris clair sous de longs cils blonds. Ce regard à lui seul semblait pouvoir le réchauffer tant il était intense.

- Tu n'es qu'un idiot, gronda la voix douce du peintre.

Angel s'étira, il était trempé et inconfortablement étendu sur le sable de la plage. Au-dessus de lui, le visage de James, les cheveux ruisselants plaqués sur son front, les yeux verrouillés dans les siens. Leurs lèvres à tous les deux étaient bleuies par le froid.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? souffla-t-il dans un premier effort.
- Tu ne sais vraiment pas nager ?

Le jeune homme fit non de la tête.

- C'était vraiment stupide, alors...
- Pas plus que ce que toi tu voulais faire...
- Mais tu aurais pu y rester !
- Non, tu étais là...

Le blond se tut un instant, pris au dépourvu par l'assurance de son jeune ami. Étonné de son ardeur aussi. Certes, l'attraction entre eux avait été évidente dès le premier jour mais pas au point qu'elle se dévoile si vite, avec tant d'effusion dans les mots. Avec tant de certitudes...

- Tu as confiance en moi à ce point-là?

Un sourire se forma sur les lèvres gercées par le sel du brun qui valut pour une réponse. Les traits de l'artiste s'adoucirent légèrement.

- Angel... l’attachement est une absurdité, une incitation à la douleur...
- Alors, je veux souffrir. Je préfère ça qu'être libre sans toi.

James haussa les yeux au ciel mais en réalité, il était vaincu. Comment ne pouvait-il pas l'être quand ces yeux incandescents posés sur lui brillaient de tant d'affection et de candeur ? Il posa ses mains sur les joues du jeune homme toujours allongé sur le sable et caressa doucement sa peau glacée puis il se pencha vers lui et l'embrassa. Un baiser chaste qui avait le goût du sel. De l'eau de mer. Mais aussi des larmes que, pour une fois, le peintre ne sut pas retenir.

Pour Angel, c'était aussi une chaleur apaisante irradiant lentement jusqu'à sa poitrine contractée par le froid et la peur. Il sourit contre les lèvres de l'artiste et murmura avec une pointe d'ironie qui contrastait avec ce qu'il ressentait en cet instant mais qui dénotait d'une envie farouche de ne pas se sentir vulnérable :

- Un baiser sur le sable d'une plage au clair de lune, avoue que c'est un cliché de peintre terriblement désuet !

Il entendit un rire clair et cristallin qui lui réchauffa le cœur.

- J'adore les clichés !

Angel aurait voulu rester là, entre les bras de cet homme si mystérieux qui cachait ses cicatrices sous un sourire si bienveillant qu'il aurait fallu être devin pour en soupçonner l'existence. Peut-être que les années qui les séparaient avaient réussi à forger ce don de détachement dont lui-même était incapable. Il frissonna malgré lui, rappelant à l'autre homme l'urgence de bouger.

Le blond se redressa le premier et lui tendit la main pour l'aider à se relever.

- Viens, il faut te sécher, ça devient une habitude.

Le plus jeune se laissa faire, presqu'incapable de commander à ses muscles tétanisés par le froid, il se laissa enlacer par les bras puissants de James qui vinrent le soutenir comme s'il s'agissait de deux barres d'acier.

Un peu plus loin, près de la maison du peintre, l'ombre d'une jeune femme était apparue qui arracha un sourire léger au maître des lieux. Entièrement dégrisé, rappelé ainsi à la réalité, il comprenait qu'il y avait des personnes pour qui il comptait.
Lorsqu'il arriva au niveau de Mélanie, Angel toujours soutenu par le peintre, dormait quasiment, ses jambes ne fonctionnant que par pur réflexe.

James salua son amie d'un simple mouvement du visage qui semblait aussi bien valoir pour un "merci" que pour un "je suis désolé". Elle lui renvoya un regard courroucé qui promettait au peintre un sale quart d'heures d'explications avec elle, dès qu'il se serait délesté de son fardeau. Mais sous la colère de la jeune femme, il y avait aussi du soulagement et de la tendresse que James sut parfaitement lire.

Il allongea Angel dans son lit, le déshabilla et le frictionna avec une épaisse serviette. Une fois qu'il s'acquitta de ces premiers réflexes de survie, il fila prendre une douche chaude qui acheva de lui remettre les idées en place. Il alla embrasser Mélanie en baillant, remettant à plus tard le temps de parler. Enfin, il enfila une épaisse chemise à carreaux et se glissa dans le lit, tout contre le jeune homme profondément assoupi afin de réchauffer son corps toujours glacé.

La nuit fut courte.

Au matin, Mélanie s'affaira en cuisine, préparant le petit déjeuner avec les moyens du bord. Une odeur réconfortante de café chaud et d'œufs au plat embaumait la maison. Dehors, le vent s'était calmé et les fiers rayons du soleils pointaient déjà derrière les stores de la fenêtre. Au loin, le murmure doux de la mer et le chant des mouettes achevaient de donner un air de vacances à ce petit coin reculé à quelques heures de Paris.

- Debout les garçons ! clama-t-elle comme si elle était chez elle et que la nuit précédente n'était plus qu'un lointain souvenir.

Angel parut le premier sur le pas de la chambre, complètement décoiffé, entièrement nu et s'étirant sans aucune gène... Cela lui valut un oreiller en pleine figure suivi d'un cri d'indignation de la part de la jeune femme.

- Enfile un pantalon immédiatement, malotrus !

Il grommela pour la forme et repartit vers la chambre sans se presser, pendant que Mélanie continuait de râler. Derrière elle, elle reconnut le rire franc de James et se retourna. Le peintre sortait juste de la salle de bain, vêtu d'un jean ayant trop vécu et d'une chemise à carreaux bleus ouverte sur son torse. Il se séchait les cheveux en lui souriant avec douceur. On pouvait sentir un léger malaise qui menaçait de s'installer entre eux, aussi prit-il les devants en conservant un ton badin.

- Je crois qu'il n'est pas du matin.

Elle se mit à rire à son tour et lui fit un clin d'œil. Elle ajouta :

- Jolie paire de fesses, sinon...
- Hey, je vous signale que je vous entends! lança une voix énervée depuis la chambre.

Les deux amis rirent à nouveau, probablement un plus fort que la situation ne l'exigeait mais il y avait un indicible besoin d'exorciser toute la tension de la veille... Puis, James se mit face à elle, le regard un peu fuyant.

- Je suis désolé...
- Je sais.

Elle le serra dans ses bras assez fort pour être sûre qu'il était bien là. Vivant. Il l'enlaça tendrement reposant son menton sur son épaule, enroulant ses doigts dans les boucles brunes de son amie...

- Je ne voulais pas t'inquiéter, ni te faire pleurer, c'est juste...
- Chuttt, je sais, ça n'a plus d'importance à présent.
- Je suis désolé, répéta-t-il.
- Ne me refais plus jamais ça.

Il embrassa ses cheveux et releva la tête pour apercevoir Angel dans l'embrasure de la porte qui les observait silencieusement.

A suivre

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 Sujet du message: Re: Peinture sur toile - PG13
MessagePosté: 23 Déc 2013 08:41 
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Un chapitre beaucoup plus doux c'est certain...
quand angel reprend conscience il est allongé sur le sable, les yeux de james le scrutant.
il est complètement transi oui mais est vite réchauffé par la douceur de james qui a eu peur.
Et non angel ne sait pas nager, il n'a pas menti. et oui il aurait pu lui arriver quelque chose... mais james était là et angel le lui dit simplement. il a une confiance absolue en l'artiste.

après s'être étreint et après s'être embrassé la morsure du froid se fait ressentir et ils s'en retourne dans la maison...
james est un peu géné vis à vis de Mélanie et de son geste inconsidéré.
et le lendemain après ce moment complice à rire sur le compte d'angel il s'excuse...
Melanie ne peut que lui pardonner car elle sait combien il a souffert, combien il a culpabilisé et il fallait certainement qu'il en passe par là pour à nouveau se sentir pleinement vivant et arrêter de culpabiliser. angel bien sûr l'y aura aidé;

je ne pense pas que mélanie soit amoureuse du peintre. en tout cas pas au sens propre du terme. c'est certainement plus une amitié amoureuse, qui fait que comme angel elle est prête à tout lui pardonner.

j'ai beaucoup aimé ce chapitre plus calme et plein de jolis sentiments :wouah:
:suite: :court: :please:


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 Sujet du message: Re: Peinture sur toile - PG13
MessagePosté: 23 Déc 2013 11:26 
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Ouh là... ça commence à devenir grave !
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Contente que tout s'arrange. C'est vraiment un chapitre très beau, apaisant.

:suite: :suite:

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 Sujet du message: Re: Peinture sur toile - PG13
MessagePosté: 23 Déc 2013 21:28 
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Mais euh... kesk'ils font ces deux-là ?

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j'avoue très beau chapitre qui sort du lot tant il est doux ... un peu comme un bon chocolat au miel devant un feu de cheminer ... enfin bref, j'aime ^^

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 Sujet du message: Re: Peinture sur toile - PG13
MessagePosté: 25 Déc 2013 18:08 
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:reviews: :reviews: C'est bientôt fini et que voulez-vous, avec les fêtes, je suis d'humeur optimiste!

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 Sujet du message: Re: Peinture sur toile - PG13
MessagePosté: 26 Déc 2013 16:33 
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Chapitre très sympa, serein, idéal pour cette période de l'année ! :D

:suite:


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 Sujet du message: Re: Peinture sur toile - PG13
MessagePosté: 05 Jan 2014 18:47 
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Merci Rhoda :mrgreen: :heart: Bientôt finie !

10

James raccompagna Mélanie à sa voiture sans avoir prononcé d'autres mots. Son visage était fatigué, ses traits accusaient le coup d'une nuit blanche un peu trop alcoolisée et ses yeux paraissaient vidés de la lueur chaleureuse qui y pétillait d'ordinaire.

- Tu ne veux pas rentrer à Paris ? demanda-t-elle percevant cette mélancolie dans les prunelles de son ami.
- Non, mais tout ira bien.

Elle semblait hésiter et reporta son regard sur le jeune homme qui était resté en retrait, les mains enfoncées dans les poches de son jean, pas particulièrement à l'aise.

- Tu es sûr ?
- Oui, je pense que le gamin et moi, nous devons parler. Mais tu peux rester si tu as à ce point envie de jouer les mères poules.

Mélanie prit sur elle pour sourire, pendant qu'Angel tournait la tête, la mine boudeuse, sans doute vexé par le qualificatif utilisé par le peintre.

- Non, merci, je te fais confiance. J'ai un homme à la maison qui doit se demander où a disparu sa nana en pleine nuit.
- Tu devrais fréquenter moins d'artistes torturés, ça rendrait ta vie plus facile.
- Ce serait d'un ennui mortel, tu veux dire !

Elle rigola pour de bon cette fois-ci, l'embrassa sur la joue, ébouriffant un peu ses cheveux au passage dans un geste affectueux et, avant de prendre congés, dessina un "merci" muet sur ses lèvres à l'attention du jeune homme qui s'empourpra légèrement.

Ils se retrouvèrent seuls tous les deux. Dans un silence soudain assourdissant.

Angel se sentait nerveux. S'il lui avait été aisé d'exprimer ses sentiments dans la situation d'urgence de la veille, il savait qu'il n'en serait pas de même à tête reposée. Son sang ibérique le rendait fragile aux blessures d’orgueil. L’incertitude et le silence de James lui faisaient mal et n’aidaient pas non plus à retrouver le même aplomb dont il avait su faire preuve quelques heures auparavant seulement.

Le regard bleu azur semblait à présent le transpercer de part en part et il lui était difficile de parvenir à le maintenir sans baisser les yeux, même si son ego lui interdisait de s'y soustraire.

- Angel...

Sa voix avait pris une inflexion douce et chaleureuse. Celle-là même qui avait su toucher le jeune homme quand il s'était livré à lui.

- Tu l'aimes encore n'est-ce pas?
- Ce n'est pas ça...
- Mais tu refuses de me prendre au sérieux.
- Tu es si jeune...
- J'ai assez vécu pour être sûr de ce que je ressens. Tu dois trouver ça prématuré, insensé et à vrai dire, je ne comptais pas t'en parler si tôt et pas... pas comme ça, mais tu ne m'as vraiment laissé le choix. J'ai cru... J'ai crevé de peur de te perdre à peine t'avoir rencontré...

Il gardait les yeux ostensiblement baissés, craignant ce qu’il pourrait lire dans ceux de son aîné et avec ce curieux et détonnant mélange de maturité et de naïveté qui le caractérisait, il poursuivit :

- Alors arrête tes conneries, tu veux. C'est juste plus facile pour toi de te dire que je ne suis qu'un môme avec un coup de cœur passager pour le premier gars qui lui tend un peu la main ! Plus facile pour me repousser. Plus facile pour avoir bonne conscience !

Le jeune homme avait des flammes dans les yeux et le cœur chaviré, il aurait voulu faire la plus belle des déclarations à cet artiste à fleur de peau qui le rendait si fragile. Et il se retrouvait à l'insulter. Malgré tout, il vit un sourire indulgent se former sur les lèvres du blond.

- Tu as raison. Je me cherche des prétextes pour te fuir alors qu'à l'évidence, tu m'as plu dès que je t'ai rencontré.
- Tu...
- La culpabilité coule dans mon sang comme un poison, à tel point que l'attachement me fait peur. Alors oui, je manque de courage pour te promettre quoique ce soit.

Les deux hommes étaient très près l'un de l'autre et Angel prit subitement conscience de cette proximité, percevant le souffle tiède de son aîné, se laissant hypnotiser par le bleu profond de ses yeux, incapable de résister à cette attraction silencieuse.... Il recula imperceptiblement pour garder contenance.

- Merde James, tu n'y étais pour rien, ton mec était malade ! Il ne mérite pas que tu vives en retrait du monde. Tu me l'as dit dans un autre contexte, mais ça n'est pas ça, aimer...

Une nouvelle lueur anima les prunelles céruléennes de l'artiste. Insondable. Fugace. Puis, une hésitation... et finalement, d'une voix à peine audible, étouffée d'une émotion contenue, il murmura :

- Je suis revenu ce soir-là. Je suis retourné à mon atelier...

A la douleur tapie dans les mots, à la pudeur affichée sur son visage impassible, le jeune homme comprit immédiatement ce qu'il ne disait pas.

- Oh mon dieu, James... Tu l'as vu, c'est ça ? Tu l'as vu mourir ?

Le blond déglutit et détourna le regard vers la fenêtre.

- Je suis arrivé trop tard. Je n'ai pas compris ce qu'il se passait quand j'ai aperçu les flammes et puis... Je l'ai vu. La terreur dans ses yeux braqués sur moi, la douleur dans ses cris... Et mon impuissance… Je ne pouvais rien faire, rien qui ne puisse le soulager...

Angel franchit les derniers pas qui les séparaient sans réfléchir et le prit dans ses bras dans une étreinte ferme. James sourit contre les cheveux ébène de son adonis. Ce garçon avait la maladresse de la jeunesse mais il savait agir avec son cœur et c'était la plus sûre façon de passer les obstacles que l'artiste avait dressés pour protéger son âme blessée. Il acheva d'être conquis lorsqu'il entendit murmurer contre son oreille :

- Moi... Moi, tu m'as sauvé.
- Non, c'est toi qui m'as sauvé.

Cette fois, lorsqu'il s'empara des lèvres du jeune homme, le baiser n'avait plus rien de sage. Il était volontaire et exigeant. Chargé de promesses non formulées. Angel y répondit avec une envie farouche et tout le désir réprimé sembla exploser dans ce simple contact pourtant tellement intime. Leurs mains s'infiltrèrent sous leurs vêtements avides d'apprivoiser le corps qui s'offrait à elles et dès lors les mots n'eurent plus raison d'être.

Pourtant, lorsque les doigts fins du peintre effleurèrent les marques qui sillonnaient le dos du plus jeune, James marqua une hésitation. Conscient que son protégé avait souvent du subir dans sa vie, il demanda doucement :

- Veux-tu... mener la danse ?

Il sentit son sourire contre son épaule et une réponse, appuyée, sûre et sans équivoques, lui parvint dans un souffle.

- Non, je veux... t'appartenir.

Alors, James remit à plus tard les questions, les doutes et sa bonne conscience. Il fit taire la voix de la raison qui lui affirmait que ceci n’était pas bien. Ce jeune garçon qui se dévoilait comme ça, si soudainement, si sûr de lui, le faisait juste se sentir vivant, en cet instant. S'il n'avait plus l'âge de croire aux coups de foudre, il ne pouvait pas résister non plus à l'appel plein d'espoir de ce gamin qui avait tant besoin de se sentir aimé. Il n'était qu'un homme, après tout...

A suivre

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* On peut résister à tout, sauf à la tentation. Oscar Wilde *


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