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 Sujet du message: [Finie] minuit - Benedict Cumberbatch/Martin Freeman PG-13
MessagePosté: 13 Mai 2013 22:05 
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Pendant que le tournage de la première saison de "Sherlock" avance à grands pas, les relations entre Benedict et Martin avancent...difficilement.
La présente histoire, qui fait suite aux précédentes, est cette fois un peu plus longue.
Je l'ai donc scindée en deux parties, qui auront chacune un titre (j'aime bien donner des titres aux récits, parties, chapitres :? )

Voici la première partie : Amanda


Dans quinze jours à peine, le tournage des trois épisodes de « Sherlock », saison une, serait terminé.
Le calendrier farceur annonçait l’arrivée prochaine d’un printemps invisible, tandis que grésil et neige persistaient à se déverser sur les londoniens stoïques armés de parapluies et de patience.
Mark Gatiss et Martin Freeman étaient assis à une petite table du Speedy’s Cafe proche du « 221 Baker Street », dans North Gower Street. L’un et l’autre arrivés sur les lieux du tournage avant tous les autres, ils sirotaient une tasse de café bien chaud, tout en échangeant commentaires et plaisanteries sur les scènes filmées la veille, le planning toujours trop serré, les potins de plateau.
Mark rit aux éclats d’un trait d’humour acéré décoché par Martin, puis posa sa tasse sur la table et son regard soudain pensif sur son vis-à-vis : « Benedict est encore un peu maigrichon depuis sa pneumonie, mais il me paraît en pleine forme. » Un demi-sourire étira les lèvres minces du coproducteur de « Sherlock » : « Il faut dire qu’avec toi, il a toujours l’air en forme ! » Le sourire s’élargit.
Martin haussa un sourcil, se frotta le menton de la main gauche, sourit brièvement, regarda sa montre : « Mmh. Il est l’heure d’y aller, non ? »
Mark approuva d’un hochement de tête. Ils réglèrent leurs consommations à Gisela, la souriante serveuse, et sortirent du Cafe.
Tandis que Martin rejoignait les autres acteurs regroupés près de l’entrée du « 221 Baker Street », Paul McGuiguan, le réalisateur de l’épisode, entretenait sur le trottoir opposé une conversation animée avec un technicien barbu. Mark souhaitait discuter avec Paul d’un point du scénario et décida de patienter quelques minutes tout en observant les préparatifs du tournage imminent.
Il avait sans doute manqué de tact, de discrétion, et tout le bazar. Mais cela avait été plus fort que lui, il avait eu envie de secouer le cocotier pour voir un peu ce qui allait tomber. Pourquoi pas quelques confidences de Martin, elles n’auraient pas été les premières entre eux, et entre eux elles demeuraient, Martin le savait. Mais finalement rien. Peut-être, précisément, parce qu’il n’y avait rien, et que les deux idiots continueraient d’échanger des regards enflammés, et s’en tiendraient là, jusqu’à la fin des temps.
Mark ouvrit son grand parapluie noir pour s’abriter de la première averse de neige de la journée.
D’ailleurs, il avait bien l’impression qu’ils en étaient encore à se manger des yeux, et pas davantage. Ils attendaient quoi pour se manger tout court, le déluge apparemment. La vie est si courte. Martin n’était pas un timide, ni sa compagne Amanda un problème, un couple fascinant, tous les deux à la fois si soudés et si indépendants.
L’averse cessa, Mark referma le parapluie, le barbu avait disparu à l’intérieur du « 221 ».
Fascinant comme Benedict d’ailleurs. En d’autres temps, avant Ian, il n’aurait pas fait de manières, Olivia ou pas Olivia, il aurait tenté sa chance avec lui, il ne se serait pas gêné. Il n’était pas aveugle, Ben émettait des vibrations gays à vous renverser par terre. Un peu coincé peut-être, le garçon, mais sûrement rien de grave, avec son beau rire contagieux et son regard intense. Martin n’allait tout de même pas laisser filer cette merveille qui le couvait des yeux, ce n’était juste pas possible. Ou alors, en plus d’être végétarien, il était maintenant devenu puritain. Vraiment pas possible.
Mark traversa la rue et rejoignit Paul McGuigan. Durant quelques minutes, ils discutèrent ensemble puis la neige s’en mêla et ils filèrent au « 221 ». Il était temps de se mettre au travail.

A la pause du déjeuner, Martin déclara à la cantonade qu’il allait faire un tour. Una Stubbs s’étonna : « Tu as vu le temps ? » Martin lui assura qu’il avait besoin de se dégourdir les jambes et qu’il était équipé d’un bon parapluie. Il s’enveloppa dans sa parka douillette, salua la compagnie d’un geste bref de la main et s’empressa de sortir. Sans réfléchir, il prit la direction de Russell Square Gardens.
Ce matin, il aurait dû répliquer quelque chose à Mark et à ses sous-entendus scabreux sur Benedict. Il avait été minable. Il n’était pas supposé être déstabilisé par la première allusion grivoise venue, mais au contraire être un virtuose des réparties brillantes et cinglantes. Il aurait dû river son clou à Mark. Sauf qu’il avait perdu tous ses moyens. Bien sûr, il s’agissait de Benedict.
Martin se retrouva devant les grilles de Russell Square Gardens. Il entra dans le petit parc public que le temps médiocre avait vidé de ses promeneurs, s’engagea dans une allée sinueuse bordée de châtaigniers majestueux. L’ambiance paisible des lieux l’apaisa.
Six semaines plus tôt, début février, le tournage du deuxième épisode de « Sherlock » avait démarré à Cardiff sur les chapeaux de roues. Quoiqu’encore amaigri par sa pneumonie à peine guérie, Benedict avait semblé reposé après l’interruption du week-end.
Dès le premier jour, durant une pause entre deux prises, Martin avait effleuré de son index le fin poignet de Benedict et lui avait demandé s’il allait bien. En acquiesçant, Benedict avait rougi, baissé les yeux vers l’index qui batifolait sur sa peau, souri timidement.
A cet instant, Martin avait acquis la délicieuse certitude que très bientôt, il amènerait Benedict dans son lit. Ou l’inverse, peu importait. Depuis sa visite dans la chambre de ce dernier le vendredi précédent, il avait compris ce qui allait se passer. Depuis que Benedict s’était endormi en retenant sa main contre ses lèvres délicatement dessinées. Sa paume en éprouvait encore la chaleur magique.
La pause avait pris fin, les deux comédiens avaient échangé des regards emplis de promesses mutuelles avant d’aller retrouver les affres de l’enquête compliquée à laquelle se confrontaient Sherlock Holmes et John Watson au cours du deuxième épisode.
Le soir même, Martin avait appris que la compagne de Benedict rejoignait le casting de « Sherlock » la semaine suivante.
Olivia avait été choisie pour interpréter un petit rôle, la secrétaire d’un banquier. Le personnage se prénommait Amanda.
Ce soir-là, dans un petit bar du centre de Cardiff, Martin avait commandé un verre de vodka tonic, puis un autre. Et encore un autre.
Olivia était restée six jours à Cardiff. La prévision de Martin s’était en partie réalisée : Benedict n’avait pas dormi seul dans son lit d’hôtel.

Au Speedy’s Cafe, Benedict Cumberbatch attendait la fin de la pause déjeuner en chipotant dans son assiette de salade avocats-crevettes tout en fixant la porte dès qu’entrait quelqu’un. Martin ne revenait pas et il serait bientôt l’heure de se remettre au travail. Des chaises grincèrent, les acteurs se levèrent de table. Louise Brealey se tourna vers Benedict : « Il est passé où, Martin ? » Benedict lui répondit aimablement qu’il ne savait pas, que Martin n’allait sûrement pas tarder, qu’il n’était jamais en retard.
Elle était mignonne, Loo, mais pour autant qu’il sache, il n’était pas marié avec Martin, ils ne se suivaient pas à la trace, ils n’avaient pas de comptes à se rendre, qu’est-ce que Loo pouvait bien s’imaginer.
Benedict posa sa fourchette sur l’assiette toujours garnie de crevettes rose vif et de lamelles d’avocat vert tendre. L’air soucieux, Una Stubbs lui toucha le bras : « Tu n’as rien mangé ! Benedict ! Ce n’est pas raisonnable ! Tu as encore besoin de te remplumer ! »
Benedict assura à Una qu’il se rattraperait au repas du soir. Sous le regard attentif de la vieille amie de ses parents, il mastiqua une crevette.
Après cet exploit, il commanda une tasse de l’excellent café du Speedy’s, tout en prévenant Una qu’il rejoindrait tout le monde dans les prochaines minutes. L’actrice lui sourit affectueusement, lui tapota l’épaule et quitta le petit restaurant. Resté seul, Benedict versa le contenu de deux sachets de sucre dans son café, remua, attendit que le liquide refroidisse un peu.
Olivia avait apprécié son bref séjour à Cardiff. Les membres de l’équipe l’avaient chaleureusement accueillie, mise à l’aise, et sans encombre, « Amanda » avait donné la réplique à « Sherlock » et à « John ».
Comme à son habitude, Martin s’était montré brillant et facétieux, il avait fait beaucoup rire Olivia, qui en avait redemandé. Rupert Graves avait taquiné Benedict en déclarant que Martin avait conquis « Amanda ».
Après le départ d’Olivia, le tournage du deuxième épisode s’était poursuivi une semaine à Cardiff, avant d’être bouclé à Londres.
Martin n’avait plus effleuré de l’index le poignet de Benedict, ne l’avait plus caressé de regards magnétiques et troublants. Il s’était cantonné à un registre amical, affectueux et drôle, avait invité à dîner Benedict et Olivia dans la confortable maison proche de Londres qu’il partageait avec Amanda et leurs deux jeunes enfants.
Le comportement de Martin avait vivement déçu Benedict. Il avait cru être sur le point de vivre une expérience exaltante, inquiétante et attirante.
Il avait aussi été soulagé. Il n’était pas question de perdre Olivia. A ses côtés, il n’était pas seul, il était apaisé, confiant. A son retour à Londres, il avait passé la première soirée et une partie de la nuit à bavarder avec son amie dans leur petite cuisine encombrée, ils avaient partagé une bouteille de vin français et une tourte à la viande. Benedict s’était endormi serein près de la jeune femme.

fin de la première partie


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 Sujet du message: Re: minuit - Benedict Cumberbatch/Martin Freeman PG-13
MessagePosté: 14 Mai 2013 16:52 
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J'adore le passage où Mark se dit que s'il avait été célibataire, il n'aurait pas hésité à se jeter sur Benedict !! :lol:

Bon, vont-ils se tourner autour longtemps nos deux doudous ?

:suite:


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 Sujet du message: Re: minuit - Benedict Cumberbatch/Martin Freeman PG-13
MessagePosté: 14 Mai 2013 20:48 
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Ouh là... ça commence à devenir grave !
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Localisation: mon coeur, lui, est toujours à Londres en tout cas
cybelia a écrit:
J'adore le passage où Mark se dit que s'il avait été célibataire, il n'aurait pas hésité à se jeter sur Benedict !! :lol:

+1 Pendant ma lecture je me disais justement qu'il ferait un couple pas mal ces deux là :wink:

Sinon j'adore ce début :bravo: :bravo: Martin est trop adorable à s'interroger comme il le fait.

:suite: :suite:

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 Sujet du message: Re: minuit - Benedict Cumberbatch/Martin Freeman PG-13
MessagePosté: 15 Mai 2013 15:59 
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Merci ! :heart:

La suite, elle va venir :) , mais elle n'est pas encore tout à fait au point ... :oops:


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 Sujet du message: Re: minuit - Benedict Cumberbatch/Martin Freeman PG-13
MessagePosté: 15 Mai 2013 20:08 
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Pas encore atteint(e)... mais presque
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J'aime beaucoup ce début :bravo:

Vivement la suite *-*

Bisouus

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 Sujet du message: Re: minuit - Benedict Cumberbatch/Martin Freeman PG-13
MessagePosté: 17 Mai 2013 22:01 
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Merci Mood aka Shana ! :D
La suite est pour bientôt ! (mais elle n'est pas encore tout à fait prête :? )


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 Sujet du message: Re: minuit - Benedict Cumberbatch/Martin Freeman PG-13
MessagePosté: 19 Mai 2013 11:26 
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Mais euh... kesk'ils font ces deux-là ?
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cybelia a écrit:
J'adore le passage où Mark se dit que s'il avait été célibataire, il n'aurait pas hésité à se jeter sur Benedict !! :lol:


Moi également ! :D

Très bon début, j'aime beaucoup.
Bon courage pour la suite, que j'attends avec impatience ! :)

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« A chaque fois on me demande mon avis. En tant que femme dans un monde macho, en tant que noire dans un monde raciste, en tant que lesbienne dans un monde homophobe. Et moi je réponds : 'Ah, mais j'suis comme vous. Un être humain dans un monde de merde'. » Shirley Souagnon.


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 Sujet du message: Re: minuit - Benedict Cumberbatch/Martin Freeman PG-13
MessagePosté: 20 Mai 2013 11:19 
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Merci beaucoup Emma ! :D

La suite ne devrait pas tarder...


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 Sujet du message: Re: minuit - Benedict Cumberbatch/Martin Freeman PG-13
MessagePosté: 23 Mai 2013 15:12 
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Le tournage de la saison 1 de "Sherlock" suit son cours, les relations Martin-Benedict aussi ! :wink:

Voici la seconde partie : Midnight love


Au Speedy’s Cafe, Benedict Cumberbatch attendait la fin de la pause déjeuner en chipotant dans son assiette de salade avocats-crevettes tout en fixant la porte dès qu’entrait quelqu’un. Martin ne revenait pas et il serait bientôt l’heure de se remettre au travail. Des chaises grincèrent, les acteurs se levèrent de table. Louise Brealey se tourna vers Benedict : « Il est passé où, Martin ? » Benedict lui répondit aimablement qu’il ne savait pas, que Martin n’allait sûrement pas tarder, qu’il n’était jamais en retard.
Elle était mignonne, Loo, mais pour autant qu’il sache, il n’était pas marié avec Martin, ils ne se suivaient pas à la trace, ils n’avaient pas de comptes à se rendre, qu’est-ce que Loo pouvait bien s’imaginer.
Benedict posa sa fourchette sur l’assiette toujours garnie de crevettes rose vif et de lamelles d’avocat vert tendre. L’air soucieux, Una Stubbs lui toucha le bras : « Tu n’as rien mangé ! Benedict ! Ce n’est pas raisonnable ! Tu as encore besoin de te remplumer ! »
Benedict assura à Una qu’il se rattraperait au repas du soir. Sous le regard attentif de la vieille amie de ses parents, il mastiqua une crevette.
Après cet exploit, il commanda une tasse de l’excellent café du Speedy’s, tout en prévenant Una qu’il rejoindrait le plateau dans les prochaines minutes. L’actrice lui sourit affectueusement, lui tapota l’épaule et quitta le petit restaurant. Resté seul, Benedict versa le contenu de deux sachets de sucre dans son café, remua, attendit que le liquide refroidisse un peu.
Olivia avait apprécié son bref séjour à Cardiff. Les membres de l’équipe l’avaient chaleureusement accueillie, mise à l’aise, et sans encombre, « Amanda » avait donné la réplique à « Sherlock » et à « John ».
Comme à son habitude, Martin s’était montré brillant et facétieux, avait fait beaucoup rire Olivia, qui en avait redemandé. Rupert Graves avait taquiné Benedict en déclarant que Martin avait conquis « Amanda ».
Après le départ d’Olivia, le tournage du deuxième épisode s’était poursuivi une semaine à Cardiff, avant d’être bouclé à Londres.
Martin n’avait plus effleuré le poignet de Benedict d’un index sensuel, ne l’avait plus caressé de regards magnétiques et troublants. Il était scrupuleusement demeuré dans un registre amical, affectueux et drôle, avait invité à dîner Benedict et Olivia dans la confortable maison proche de Londres qu’il partageait avec Amanda et leurs deux jeunes enfants.
Benedict avait cru être sur le point de vivre une expérience exaltante, inquiétante et attirante. L’attitude de Martin l’avait surpris et vivement déçu.
Et elle l’avait soulagé. Il n’envisageait pas de perdre Olivia. En sa compagnie, il était apaisé, confiant. A son retour à Londres, il avait passé la première soirée et une partie de la nuit à bavarder avec son amie dans leur petite cuisine encombrée, ils avaient partagé une bouteille de vin français et une tourte à la viande. Benedict s’était endormi serein dans les bras de la jeune femme.

Après avoir flâné au hasard des allées et sentiers de Russel Square Gardens, Martin se retrouva devant la fontaine située au centre du parc. Il vérifia l’heure à sa montre, fit demi-tour en direction de la sortie et de North Gower Street.
Peu après l’arrivée d’Olivia à Cardiff, il s’était ressaisi, avait estimé que Benedict restait à portée de ses bras, qu’il suffisait de patienter.
Comme d’habitude, l’attachement de la jeune comédienne à l’égard de Benedict avait été flagrant. Elle le regardait tendrement, lui touchait en toutes occasions épaule, bras ou genou, glissait les doigts dans les boucles indisciplinées de l’abondante chevelure. Son compagnon recevait ces effusions avec gentillesse et réserve.
Martin avait patienté.
Le dernier soir avant le départ d’Olivia, plusieurs acteurs étaient allés prendre un verre dans un pub. Le petit groupe se composait de Martin Freeman, Benedict Cumberbatch, Olivia Poulet, Rupert Graves, Vinette Robinson, Mark Gatiss et Louise Brealey.
Soudain, Benedict avait entouré de son bras les épaules d’Olivia, s’était penché vers son amie, si petite près de lui, avait posé un baiser sur sa tempe, puis un autre sur le bout du nez.
« Ils sont adorables ! » s’était exclamée Louise.
Martin avait tourné le dos à l’adorable couple et s’était concentré sur son verre de vodka tonic.
Il était difficile à suivre, le Ben. Il allait peut-être bien le laisser roucouler avec sa belle, éviter toutes sortes de complications. Avec Amanda, la vie était simple. Mais Amanda était une personne exceptionnelle, et il avait une chance exceptionnelle. Il ferait sans doute mieux de retourner dans ce petit bar de Londres, toujours plein à craquer de beaux gosses tellement faciles à emballer. Il suffisait d’un verre ou deux, le tout additionné d’une bonne dose d’humour, un cocktail efficace et sans embrouille.
Martin avait levé les yeux de son verre vide, observé Benedict assis aux côtés d’Olivia. Les deux jeunes gens bavardaient avec animation avec Louise et Rupert. Sous le regard attentif de Mark et en évitant celui de Benedict, Martin s’était joint à la conversation générale, bientôt pétillante de ses remarques provocatrices et caustiques.
Martin sortit de Russel Square Gardens. Un rayon de soleil se fraya prudemment un passage entre les nuages, le faisant cligner des yeux. Sans crier gare, la remarque de Mark Gatiss s’invita dans ses réflexions : « Avec toi, Benedict a toujours l’air en forme ! » Il accéléra le pas.

Les caméras et projecteurs étaient braqués sur Rupert Graves et Vinette Robinson. Lestrade et Donovan débattaient âprement des compétences et de la santé mentale de Sherlock Holmes.
Appuyé contre un mur, Benedict assistait à la scène, dans laquelle il ne jouait pas. Une épaisse doudoune blanche, incongrue par-dessus l’élégant manteau de Sherlock, le protégeait du froid humide.
Sur le trottoir opposé, entre deux projecteurs éteints, Martin apparut. Aussitôt, Benedict traversa la rue.
Il ne lui était rien arrivé. Jamais il n’était en retard, jamais. Il avait eu peur.

Fagoté dans la doudoune superposée au long manteau, Benedict agitait ses grands bras et parlait sans reprendre son souffle. Martin l’écoutait en souriant.
Il ne savait pas comment se débrouillait Benedict pour être si émouvant sans jamais être ridicule. Comment il se débrouillait pour l’émouvoir à ce point.

Benedict se tut, respira un grand coup. Lestrade et Donovan avaient fini de se disputer. Dans dix minutes, John et Sherlock se retrouveraient au restaurant. Benedict aspira à nouveau une grande bouffée d’air.
Dans les yeux de Martin, la lueur était revenue. Cette lueur-là. Il l’avait reconnue. Il se trompait sûrement. Il était certain de ne pas se tromper. Il n’aurait pas dû être si heureux.

Il était dix heures trente du soir. La journée de travail s’était terminée à neuf heures. La suivante commencerait dès sept heures trente du matin. Le tournage avait pris du retard, les producteurs de la série commençaient à donner de la voix, une grosse voix.
Affalé sur la moquette beige de la chambre, dos appuyé au mur, Benedict pianotait sur son téléphone portable un texto destiné à l’un de ses amis d’enfance. Assis à ses côtés, Martin brandit son baladeur numérique : « C’est toujours aussi fabuleux, Marvin Gaye ! » Il lui tendit les écouteurs : « Surtout « Midnight love » ! C’est son dernier album, peut-être mon préféré ! Tu veux écouter ? »
Benedict saisit les oreillettes. Un peu de musique serait parfait ce soir, surtout un morceau choisi par Martin. Il termina son message à l’ami d’enfance, « envoyer », « quitter », puis ajusta le casque sur ses oreilles.
Martin posa le baladeur sur le sol : « Et voilà, c’est parti ! » D’un bond, il se leva, alla prendre un livre sur sa table de chevet, revint prestement s’asseoir près de son compagnon, lui sourit, ouvrit son livre.
Benedict se laissa emporter par les harmonies soul et funk. Marvin Gaye entonna « Rockin’ after midnight ». L’acteur ferma les yeux.
« Let me rock you into love
I know you give me lots and lots of good lovin’baby
After midnight baby
"
Benedict ouvrit les yeux. Assis tout près de lui, épaule contre épaule, Martin lisait.
« The time, the time is right for you and me tonight »
Benedict referma les yeux.
Maintenant ou jamais.
Il appuya sa tête contre l’épaule de son compagnon.
Une seconde plus tard, ce dernier glissa son bras autour de sa taille.
« I’m in trouble baby
I love your mind and your body too

Benedict cala fermement sa tête contre l’épaule de Martin, dont le bras l’enserra plus étroitement. « Rockin’after midnight » s’acheva. Martin posa sa main sur celle de Benedict : « Ça te plaît ? » Le jeune homme ne dit mot.
Martin rit, précisa : « Midnight love ! »
Benedict sourit, retira les écouteurs : « Oui »
Leurs lèvres se touchèrent, closes d’abord, bientôt ouvertes.
Oui, cela lui plaisait, oui, Martin sentait si bon, oui, sa bouche le faisait fondre et ses mains sur sa peau aussi, non il ne savait pas où il allait, non ce n’était pas grave.
Martin s’écarta un peu, le fixant de ses grands yeux gris foncé soudain sérieux. Benedict lui rendit son regard, ôta son tee-shirt blanc.

Martin était sans voix. Assis sur le bord du lit, il contemplait son ami, à demi-allongé, tête appuyée contre des oreillers. Benedict avait retiré tous ses vêtements, éparpillés au sol. Martin tendit la main vers son visage, du bout des doigts en parcourut lentement les contours, les pommettes hautes soulignant les yeux de félin, l’arrondi un peu enfantin du menton, les ailes frémissantes du nez imperceptiblement retroussé. Ses doigts s’attardèrent sur le contour sensuel des lèvres, le creux profond et délicieux de leur arc de Cupidon.
Dire qu’il y avait des imbéciles pour le trouver laid. Il leur fallait des lunettes et un cerveau. Ils bavaient devant du fade, de la beauté en plastique, du Ken avec sa Barbie. Qu’ils ne se gênent pas. Le joyau était pour lui.
Benedict embrassa les doigts folâtrant sur sa bouche. Martin se décala vers le milieu du lit, la paume de sa main épousa l’arrondi ferme d’une épaule soyeuse.
Ce corps. Même les imbéciles n’y trouvaient rien à redire. Une statue grecque. Fin du débat.
Martin frissonna. Par où commencer, où poser les yeux, les mains, la bouche.
Le cou élancé et puissant, sa blancheur semée de grains de beauté sombres ; les bras à la musculature nerveuse et fine, les grandes mains aux longs doigts sensibles ; les hanches étroites, les jambes sveltes et athlétiques d’une perfection irréelle ; les étranges orteils fins et déliés ; le bas-ventre et son buisson de poils adorablement bouclés, aux reflets si flamboyants.
Et sous le buisson.
Le regard de Martin ne s’attarda pas.
Le triple trésor recevrait toute son attention, un peu plus tard.
Benedict caressa la joue de Martin, qui plissa les yeux, comme ébloui.
L’éclat de sa peau de roux. Si pâle, lumineuse, fine, féminine.
Toutes ces merveilles étaient pour lui ce soir, pour lui tout seul, il n’y croyait pas. Un étourdissement saisit Martin.
Il n’allait quand même pas tomber dans les pommes, ce serait atrocement ridicule.
Un petit rire lui échappa.
Catastrophe. Benedict allait se vexer, se fâcher, filer. Il l’aurait bien mérité.
Benedict ne fila pas. Dans ses yeux de félin, s’alluma un regard de petit chat étonné. Ses lèvres se pincèrent dans un sourire perplexe, il tendit les bras vers son compagnon, murmura : « Martin… »
- Mon prince…
Martin le serra contre lui, le cajola, lui caressa les cheveux et la nuque. Benedict se détendit, l’étreignit ; le petit chat ronronnait.
Sans plus d’hésitation, les mains et la bouche de Martin poursuivirent leur doux périple.

Il était sept heures et quart du matin. La voiture roulait en direction de North Gower Street. Benedict réprima un bâillement, le troisième depuis le départ. Mark Gatiss remarqua ses larges cernes.
Il avait mal, ou peu dormi. Gros boulot pour la maquilleuse ce matin.
Martin était déjà sur les lieux à leur arrivée. Mark nota les larges cernes sous ses yeux.
Durant une pause entre deux prises, Benedict et Martin s’écartèrent des autres pour un aparté à voix basse. Mark les reluqua. Leurs regards s’attachaient l’un à l’autre dans une intimité profonde et paisible. Du pouce, il frotta machinalement l’extrémité de son long nez.
Apparemment, ils avaient fini par se décider, ce n’était pas trop tôt. Ils étaient peut-être moins stupides qu’ils en avaient l’air.
Mark sourit, puis soupira. Une tasse de thé s’imposait.


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 Sujet du message: Re: minuit - Benedict Cumberbatch/Martin Freeman PG-13
MessagePosté: 23 Mai 2013 17:36 
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Mais euh... kesk'ils font ces deux-là ?
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Citation:
Dire qu’il y avait des imbéciles pour le trouver laid. Il leur fallait des lunettes et un cerveau. Ils bavaient devant du fade, de la beauté en plastique, du Ken avec sa Barbie. Qu’ils ne se gênent pas. Le joyau était pour lui.


I like it ! :D

Voilà, comment ça s'est passé ! Ce que l'on ne nous dit pas, ce que l'on ne sait pas... Huhuhu.

Très bonne suite, vivement la prochaine !
Bon courage.

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 Sujet du message: Re: minuit - Benedict Cumberbatch/Martin Freeman PG-13
MessagePosté: 23 Mai 2013 21:13 
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Localisation: ♫ J'ai longtemps cherché un paradis sur Terre... ♫
J'ai été un peu perturbée par le premier paragraphe de ce 2e chapitre qui était déjà à la fin du 1e et du coup, je ne comprenais plus ce qui se passait. lol !

Enfin ! Ils ont enfin arrêté de se tourner autour. ^^

Très belle la scène dans la chambre. :D

Bravo et vivement la prochaine fic sur ces deux là. :bravo:


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 Sujet du message: Re: minuit - Benedict Cumberbatch/Martin Freeman PG-13
MessagePosté: 23 Mai 2013 21:47 
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Ouh là... ça commence à devenir grave !
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Inscription: 06 Mai 2010 12:45
Messages: 3655
Localisation: mon coeur, lui, est toujours à Londres en tout cas
J'ai adoré la scène de la chambre :D Comme Mark, ravie qu'ils se soient enfin rapprochés :wink:
Merci pour cette fic des plus sympathiques :bravo: :bravo:

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"When I'm not writing, I'm dying" Neil Diamond

"Reading is one of the joys of life and once you begin, you cannot stop." Benedict Cumberbatch


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 Sujet du message: Re: minuit - Benedict Cumberbatch/Martin Freeman PG-13
MessagePosté: 23 Mai 2013 22:05 
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Pas encore atteint(e)... mais presque
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Inscription: 19 Mai 2006 20:03
Messages: 1234
Localisation: Là où on m'attends pas
J'aime beaucoup tout en douceur ^_^

Vivement une prochaine *-*


Bisouuus

_________________
L'erotisme c'est quand l'imagination fait l'amour avec le corps
Qu'est ce que l'amour ? C'est le comble de l'union de la folie et de la sagesse
Making love with death, pregnancy my own destruction


http://hurricane-judas.tumblr.com/ / https://twitter.com/#!/ShanaLeto

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 Sujet du message: Re: minuit - Benedict Cumberbatch/Martin Freeman PG-13
MessagePosté: 24 Mai 2013 20:27 
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Slash ou non, telle est la question...
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Inscription: 14 Juin 2012 11:07
Messages: 541
Localisation: à l'ouest, terriblement à l'ouest
cybelia a écrit:
J'ai été un peu perturbée par le premier paragraphe de ce 2e chapitre qui était déjà à la fin du 1e et du coup, je ne comprenais plus ce qui se passait. lol !

Ouups ! J'ai repris par erreur le dernier paragraphe du premier chapitre, dans le second ! Désolée :oops: :oops:


Je suis ravie que vous ayez apprécié, notamment la scène de la chambre :D
Merci beaucoup pour vos commentaires, qui m'encouragent à continuer :heart:


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 Sujet du message: Re: minuit - Benedict Cumberbatch/Martin Freeman PG-13
MessagePosté: 06 Fév 2014 20:59 
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Le slash, kesako ?
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Inscription: 22 Jan 2014 19:39
Messages: 39
J'adoooooooore :bravo:
J'aime beaucoup ton style d'écriture, et je trouve Benedict et Martin tellement touchants les deux. :heart: Tu les écris à merveille, et c'est un plaisir de te lire !

Citation:
Apparemment, ils avaient fini par se décider, ce n’était pas trop tôt. Ils étaient peut-être moins stupides qu’ils en avaient l’air.

:lol: J'adore les réactions de Mark, qui semble être l'incarnation de l'esprit slash dans cette fic !

(Comme j'ai entrepris de lire tes fics dans l'ordre, je me permets de te demander quelle est la suivante ? Et dis moi s'il s'agit d'une derrière le voile car j'y ai accès maintenant Image )


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